Officiel | Mise à jour : 13.02.18 . 10:57

Conférence de presse : « Promets-Moi »

Conf Kusturica

Conf Kusturica © AFP

Le réalisateur Emir Kusturica a répondu ce samedi aux questions des journalistes à propos de son film Promets-Moi présenté aujourd’hui en Compétition. Il était entouré pour cette conférence de presse des producteurs Olivier Delbosc et Marc Missonnier et des comédiens Miki Manojlovic, Marija Petronijevic, Uros Milovanovic, Ljiljana Blagojevic et Aleksandar Bercek.

Emir Kusturica sur le point de départ du film : « Ça me rappelle les contes de fées japonais : « va en ville, fais-y quelque chose et reviens à la campagne. » C’était une petite idée amusante, et puis j’avais envie de faire quelque chose de plus simple que d’habitude. Mais finalement, ça a été plus compliqué que je ne l’imaginais… C’est le premier film de ma carrière que j’ai fait sans dépassement de budget ni de temps. C’est très nouveau pour moi, et c’est peut-être dû au fait que le film est produit par ma femme … »

Emir Kusturica sur l’ambiance du tournage : « Je dois dire que je me suis amusé. C’était aussi long que d’habitude, mais dans une atmosphère de création bien meilleure avec tous les comédiens. C’est un film qui est situé hors de toute vie citadine, ça se passe près de mon village, en plein air, dans ce qui est pour moi la plus belle région d’Europe. »

Emir Kusturica sur sa carrière : « Depuis mes débuts, avec Te Souviens-tu de Dolly Bell, je fais à chaque fois le même film. C’est comme si je réalisais toujours un premier film et que je ne le terminais jamais. »

Emir Kusturica sur l’évolution du cinéma : « J’aime le cinéma américain des années 70, mais c’est un esprit qui a disparu dans les années 80. C’est la technologie qui a détruit tout ça : comme le dit Naomi Klein dans le livre « No Logo », nous sommes tous devenus des adolescents globalisés. Hollywood détourne le regard des gens de toutes les questions cruciales qui se posent à l’Humanité. Nous sommes encore quelques-uns à nous intéresser à ces questions, mais le problème, c’est que nous sommes de plus en plus marginalisés. Je ne parle pas de moi, car je n’ai jamais voulu être mainstream, mais de gens qui voudraient refaire aujourd’hui des Taxi Driver ou des Raging Bull… Aujourd’hui, les personnages de losers, de marginaux, sont évacués. Il faut être à la mode, ne pas se poser trop de questions, et juste s’amuser. Je n’ai rien contre le divertissement, mais je crois qu’on doit aussi inclure les autres dimensions de l’Humanité. Cannes a toujours ouvert grand ses portes à ceux qui se posent ces questions. C’est pourquoi je suis heureux d’avoir passé presque toute ma vie à Cannes ! C’est un lieu qui garde l’esprit de films comme Taxi Driver. »

Emir Kusturica sur sa méthode de travail : « Je suis le seul canal par lequel l’idée de départ transite, de mon esprit vers le papier, puis du papier vers le plateau. Ce n’est pas une méthode de tournage très rassurante. Pour un thriller par exemple, quand vous avez un bon scénario, vous n’avez pas grand-chose à faire comme réalisateur. Mais si vous voulez faire un film énergique et qui a aussi du sens, vous devez être comme un chef d’orchestre, qui doit faire jouer tous les instruments ensemble. Ca demande un engagement total. »

Photo Copyright AFP

Partager l'article
Officiel En salles le 26.05.07

Conférence de presse : « Promets-Moi »

Séparez les adresses par des virgules * *Champs obligatoires
Officiel26.05.07

Conférence de presse : « Promets-Moi »

Séparez les adresses par des virgules * *Champs obligatoires
.

.

.

En poursuivant votre navigation sur nos sites,
vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins promotionnelles et/ou publicitaires, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.