Officiel | Mise à jour : 13.02.18 . 11:51

Interview avec Atom Egoyan

Atom Egoyan (© AFP)

Atom Egoyan (© AFP)

C'est en 1989 que le Festival de Cannes découvre pour la première fois Atom Egoyan. Le cinéaste canadien vient y présenter Speaking Parts, son troisième long-métrage. À l'image d'Exotica (1994), De Beaux lendemains (Grand Prix en 1997) ou d'Adoration (2008), les films du réalisateur ont régulièrement été sélectionnés en Compétition. Membre du Jury des longs métrages présidé par Francis Coppola en 1996, il est cette année président du Jury de la Cinéfondation et des courts métrages.

En 1996, vous avez été membre du Jury des longs-métrages. Qu'est-ce que cette expérience a représenté pour vous ?
C'est le rêve de tout cinéphile que d’être dans le royaume du cinéma. J’ai vu d’excellents longs métrages et c’était une compétition surprenante. Il y avait Breaking the Waves, Secrets and Lies, Fargo, le premier film d’Arnaud Desplechin, et le film de Kaurismaki… une oeuvre incroyable. Nous étions submergés par la qualité de la Sélection... et Francis Ford Coppola, était le président du Jury... Ce fut une immersion complète et intense dans le monde du cinéma. C’était remarquable. D'une certaine manière, ça a aussi changé ma carrière parce que ça m’a permis de me recentrer sur mon travail plutôt que d'aller vers des films hollywoodiens.


De votre point de vue, quels critères doit réunir un jeune cinéaste pour réussir un premier film ?
Je pense qu’il faut d'abord trouver un langage pour exploiter sa passion, d’une manière à la fois élégante et profonde. Ce n’est pas facile ! Je pense qu’un premier film se réalise avec un si fort désir de raconter une histoire que la question est de trouver une manière de pouvoir le communiquer aux autres.


Quel impact peut avoir un premier film sur le parcours naissant d'un réalisateur ?
C’est inestimable. Je veux dire que c’est un moyen de se différencier du reste du monde. C’est à la fois l’expression de sa capacité à communiquer et une ébauche de l'oeuvre qu’il veut faire. C’est aussi assez dangereux, parce qu’il y a des réalisateurs qui évoluent plus progressivement. En ce qui concerne ma carrière par exemple, mon premier film était brutal. C’est avec mon deuxième et mon troisième film que j’ai commencé à établir ma voix. Faire mouche avec un premier film n’est pas nécessaire, mais quand ça arrive, c’est assez surprenant !


Pensez-vous que le plus rapide chemin pour le long métrage, c’est le court ?
Ce sont deux différents langages. Il y a les réalisateurs qui utilisent le court métrage comme carte de visite pour le long et d'autres qui se sentent bien dans ce format. Il y a des gens qui mènent une carrière entièrement dédiée aux courts métrages, tout comme il y a des écrivains qui n’écrivent que des nouvelles. Donc je ne pense pas que le court métrage soit forcément un ticket d’entrée pour le long.


Selon vous, quelle importance un court métrage peut-il prendre dans la carrière d’un réalisateur ?
Je dirais que la question est de savoir si les histoires qu’on veut raconter ont plutôt besoin d’un court ou d'un long format. Mes premiers films étaient structurés pour être des courts. Ils restent importants pour moi car c'est comme ça que j’ai appris le métier. Je n’ai jamais fréquenté d’école de cinéma et ils ont été un bon apprentissage. Plus tard, quand je suis revenu à la réalisation de courts métrages, c’était pour des films de commande. Pour être honnête, en tant qu’artiste, mon format est plutôt le format long. C’est un vrai challenge que de raconter correctement un court métrage. La dernière fois que j’ai fait partie du Jury, on devait aussi juger les courts métrages et c’était étonnant à quel point ce travail était beau. C’est quelque chose de très rare.


Racontez-moi votre première fois à Cannes.

C’est difficile à exprimer. Je n’arrivais absolument pas à dormir. Je ne me sentais jamais fatigué. C’était tellement stimulant ! C’était incroyable de côtoyer ces autres réalisateurs, ces journalistes, tout un monde de passionnés du cinéma, comme moi. Je me souviens de la première fois où j’ai mis les pieds au Grand Théâtre Lumière, j’étais presque en larmes parce que ce lieu ressemblait à un autel.


Selon vous, jusqu’où peut aller le cinéma ?
La limite, c’est notre imagination. Le cinéma est une forme artistique tellement liée au subconscient et à la manière dont on rêve ! La seule limite, réellement, c’est notre inaptitude à rêver. C’est inconcevable.


Un dernier mot ?

Je pense que le Festival de Cannes est vraiment l’affirmation que cette forme artistique va survivre. Chaque fois que je viens ici, je suis revigoré par cet extraordinaire sens de l’espoir que véhicule le cinéma. Je pense que c’est la force du Festival de Cannes que d’assurer la bonne santé du cinéma.


Propos recueillis par T.K.

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Officiel En salles le 19.05.10

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