avant l'ouverture
du Festival de Cannes 2019
Officiel | Mise à jour : 13.02.18 . 12:53

Entretien avec Linn Ullmann

Linn Ullmann © FIF/T. Morin

Linn Ullmann © FIF/T. Morin

Linn Ullman est un écrivain norvégien. Elle est la fille de Liv Ullmann et Ingmar Bergman. Après des études de littérature aux Etats-Unis, elle devient critique littéraire pour un grand quotidien norvégien, puis écrit son premier livre, Avant que tu ne t’endormes en 1999. Son dernier roman, Je suis un ange venu du Nord (2010) recueille un succès critique sans précédent. Linn Ullmann était venue au Festival de Cannes en 1997 pour recevoir la Palme des Palmes décernée à Ingmar Bergman. Elle revient cette année comme membre du Jury des Longs métrages.

 

Quel est votre premier souvenir de cinéma ?
Ce doit être probablement sur un plateau de tournage, avec mon père. Il tournait La Flûte enchantée. Je m’en souviens car c’est un opéra. J’étais sur le plateau et ce jour-là, l’ensemble du chœur était présent. J’étais assise  et j’observais tout ce qui se passait. Soudain mon père a dit : « Silence, on tourne. Moteur. Action »! Tout le chœur s’est mis à chanter. Et c’était tout simplement magique.
 
Vous avez grandi dans une famille de cinéma. Avez-vous jamais songé à devenir réalisatrice ou actrice ?
Non, jamais. Très tôt, j’ai su que ma vie professionnelle tournerait autour des livres. J’ai fait des études de Lettres, je suis devenue critique littéraire et j’ai commencé à écrire. Ma passion, ma famille, mes sentiments, tout était lié au cinéma, mais je n’ai jamais voulu travailler pour le cinéma.
 
Et écrire pour le cinéma ?
Non. Il est question de faire des films à partir de deux de mes livres, Miséricorde et Je suis un ange venu du Nord, ce qui est excitant! Mais je n’ai jamais eu l’envie de le faire moi-même. L’adaptation est une forme de traduction, or je ne traduis pas non plus mes livres moi-même.  
 
Avez-vous un film de chevet ?
J’en ai quelques-uns. Il y en a un que je regarde chaque été, Le Cirque de Charlie Chaplin, parce que mon père l’adorait. Je ne me lasse pas de regarder Le Parrain et Le Parrain 2. J’ai une grande passion pour Woody Allen, ses films comme Zelig, Hannah et ses sœurs, Annie Hall et Manhattan bien sûr, et aussi Maris et femmes, que je trouve merveilleux. Je peux les voir et les revoir, je les regarde tout le temps.
 
Et des films de votre père ?
J’ai vu beaucoup de ses films à de nombreuses reprises. Mon préféré doit être Les fraises sauvages.
 
Quel film montreriez-vous à quelqu’un que vous cherchez à séduire ?
Amarcord, l’Amarcord de Fellini. Si vous choisissez un très grand film, et que cette personne n’en saisi pas l’importance, c’est qu’elle ne vaut de toute façon pas la peine d’être séduite.
 
Allez-vous souvent au cinéma ?
Oui. Je m’y sens en sécurité, je peux m’y évader … l’obscurité se fait et on sait qu’on va être transporté quelque part.
 
Connaissez-vous les autres membres du Jury ?
Pas personnellement, mais je les connais bien sûr au travers de leur parcours professionnel. J’étais très fière et très excitée à la lecture des noms de mes cojurés, des personnes si accomplies, si intelligentes, de grands artistes pour certaines, d’autres connaissent parfaitement le processus de création d’un film. C’est un grand privilège.
 
Dans la peau de quel autre membre du jury voudriez-vous vous glisser pendant quelques heures ?
Je crois que j’aimerais être Olivier. Il est brillant. C’est un merveilleux réalisateur. Il parle français. Il a toujours quelque chose d’intelligent à dire, et il est drôle!
 
Quel livre aimeriez-vous voir adapter?
Il y a un roman merveilleux, Le Projet Lazarus d’Aleksandar Hemon. Ça ferait un très bon film à mon avis.
 
Quel souvenir associez-vous au Festival de Cannes ?
Il y a 14 ans, je suis venue ici pour recevoir le prix d’honneur décerné à mon père (La Palme des Palmes, en 1997). Je me souviens qu’il avait écrit ce très long discours qu’il voulait que je lise. Il commençait par : « Quand j’étais petit garçon, j’étais assis derrière des dames avec leurs très grands chapeaux, essayant d’apercevoir un bout d’écran. » C’était un très beau texte. Mais j’ai dû appeler mon père et lui dire : « il faut absolument qu’on fasse plus court, Papa, nous passons à la télé ! » Nous avons donc fait des coupes, et on a parlé, parlé. C’est précisément, le souvenir de cette conversation avec mon père que je garde de mon passage à Cannes.
 
Propos recueillis par B. de M.

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