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du Festival de Cannes 2019
Officiel | Mise à jour : 13.02.18 . 13:14

Andrea Arnold : "Ma tête a toujours été pleine d’idées de films"

Andrea Arnold © AFP

Andrea Arnold © AFP

Solide représentante du cinéma social britannique, Andrea Arnold a installé l’intrigue de ses deux premiers films au cœur de la banlieue pour y dépeindre sa détresse. Red Road (2006) et Fish Tank (2009) décrochaient chacun le Prix du Jury au Festival de Cannes. La cinéaste évoque son rapport au cinéma.

Quel est votre premier souvenir de cinéma ?
Mary Poppins. J’avais environ cinq ans et je n’avais jamais été au cinéma. Je suis sortie de la séance complètement anéantie, en colère contre ce monde réel dépourvu de magie. Je me souviens avoir beaucoup pleuré à cause de Mary Poppins. Si le film n’a jamais influencé mon travail, il a profondément marqué mon enfance.

Avez-vous un film culte ?
Je ne suis pas du genre à regarder un film en boucle, mais j’adore Stalker, d’Andreï Tarkovski. Le film se situe aux antipodes de Mary Poppins, mais il nous embarque aussi vers un univers empreint de magie. Là réside toute la force du cinéma : réussir à nous transporter, quelles que soient ses racines.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir réalisatrice ?
J’ai toujours aimé explorer et composer. D’une façon ou d’une autre, la vie m’aurait inévitablement rapproché du cinéma. Il correspond à ma façon de penser et de faire les choses. Ma tête a toujours été pleine d’idées de films.

Le cinéma contribue-t-il à changer les choses selon vous ?
Dans mon cœur, c’est certain. Mais ce n’est jamais mon objectif lorsque je débute un film car je n’aime pas que le public soit guidé. Je crois sincèrement qu’en expliquant vraiment les choses, le changement est possible. Je suis toujours influencée par les films que je vois, en bien ou en mal. Il y a quelque chose dans le cinéma qui nous laisse penser qu’il peut changer les choses.

Pensez-vous qu’il soit plus facile de traiter de certains sujets difficiles au travers de la fiction et du cinéma ?
Le cinéma est l’un des moyens les plus importants qui nous soient donnés pour aborder la vie et l’être humain. J’attache beaucoup d’importance aux films qui ont cette priorité et j’aime quand ils réussissent à attirer l’attention sur ces sujets difficiles. Le problème, c’est que la majeure partie du public veut du divertissement.

Quelle est votre opinion sur le cinéma britannique ?
Il traverse des heures difficiles car il a trop longtemps tenté d’imiter le cinéma américain. Nous autres, cinéastes britanniques, éprouvons des difficultés à trouver notre identité. Les réalisateurs français n’ont pas cette obligation de penser un film en fonction de son accueil aux Etats-Unis. La conséquence est que beaucoup de bons films britanniques ne sont jamais distribués. D’autre part, peu de réalisateurs montrent ce que signifie vivre en Grande-Bretagne. Il faut donner plus d’argent aux films qui essaient réellement de refléter notre culture.

Vous accordez une place importante à l’instinct dans votre processus de travail. Pourquoi ?
Le cinéma laisse beaucoup de place à l’instinct. C’est souvent le meilleur moyen de prendre les bonnes décisions, celles qui vous permettent d’arriver au plus près de la vérité. Un film demande un investissement tel qu’il est parfois néfaste de trop réfléchir.

Propos recueillis par BP

 

Dans un entretien vidéo réalisé mardi 5 mai lors du dîner du Jury des longs métrages, Andrea Arnold évoque son rôle de membre du Jury :

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