avant l'ouverture
du Festival de Cannes 2019
Officiel | Mise à jour : 13.02.18 . 14:04

RENCONTRE - Christoph Waltz : "J’aime me mettre en danger pour voir où se situent mes limites"

Christoph Waltz © Nino Munoz

Christoph Waltz © Nino Munoz

Enfant du théâtre, élevé à la télévision, Christoph Waltz reste dans l’imaginaire des cinéphiles le cynique colonel SS Hans Landa d’Inglorious Basterds, le long-métrage de Quentin Tarantino qui l’a révélé au cinéma et pour lequel il a reçu un Prix d’interprétation à Cannes en 2009. À 57 ans, l’acteur autrichien a depuis confirmé toute l’étendue de son talent aux côtés de Roman Polanski (Carnage, 2011), puis de nouveau derrière la caméra de Tarantino (Django Unchained, 2013). Il revient sur sa manière d’appréhender son métier.

Qu’est-ce qui vous a mené au métier d’acteur ?
Je crois que chacun d’entre nous rêve de devenir un acteur de cinéma à un moment ou à un autre de sa vie. Jouer des rôles en permanence, c’est ce que nous avons tous aimé faire lorsque nous étions enfants. Notre développement naturel vers l’âge adulte fait ensuite que nous nous détachons tous de ce jeu de rôles et que nous nous tournons vers d’autres horizons. Pour ma part, ce désir d’être acteur de cinéma ne m’a jamais quitté. J’en ai même fait une fixation. Il me faudrait probablement plusieurs années de psychanalyse pour connaître quelles sont les raisons inconscientes qui m’ont poussé vers cette voie ! Cependant, après quelques décennies passées sur les plateaux, la question ne se pose plus. Une routine s'est installée. D’ailleurs, peut-être que quelqu’un devrait me convaincre qu'il est temps d’arrêter...

Avant le cinéma, vous avez travaillé pour le théâtre, puis pour la télévision. Est-il difficile pour un acteur de passer de l’un à l’autre ?
La façon d'interpréter un rôle est différente mais le passage de l’un à l’autre se fait généralement sans difficultés. Bien sûr, un acteur qui a passé sa vie sur les planches a parfois besoin de quelques jours pour s’adapter lorsqu’il s’essaye au cinéma et inversement. Ce n’est cependant jamais longtemps un problème.

Comment préparez-vous vos rôles ?
Je fais en sorte de bien connaître mon texte de façon à être prêt le jour J, tout simplement. On ne naît pas acteur. Selon moi, c’est beaucoup de travail, même si chacun met toutes ses compétences à l’ouvrage. Ce n’est en tout cas pas une tâche héroïque ou semi-ésotérique. Je déteste les idéologies et je me refuse de croire que le métier d'acteur en soit une. Cela dit, je ne suis pas non plus un adepte de toutes les méthodes d’apprentissage qui lui sont accolées...

Vous avez pourtant étudié auprès de Lee Strasberg et Stella Adler…
C’est exact. J’y suis resté deux ans. Cela a été une expérience fantastique. Mais trente ans ont passé et j’ai pris de l’assurance. Je sais aujourd’hui parfaitement où je vais et ce dont j’ai besoin. Il est important de se détacher des enseignements pour bâtir notre propre façon de faire. C’est un peu comme aller voir un film au cinéma malgré les critiques pour s’en faire une opinion.

 


Christoph Waltz © FDC / GT

 

Vous arrive-t-il d’improviser ?
Je n’aime pas l’improvisation. Je ne suis pas un auteur et rédiger un script, c’est le travail de l’auteur. Le mien, c’est de l’interpréter. Je n’apprécierais pas qu’un auteur vienne me dire comment je dois jouer telle ou telle scène. Cela dit, je pense également que je n’aime pas improviser car je suis très mauvais dans cet exercice !

Quels types de scripts vous donnent envie de participer à un film ?
Ma réponse va vous paraître idiote, mais je dirais simplement un bon script ! Je suis très excité par les projets qui me mettent en danger. J’aime me mettre en danger pour voir où se situent mes limites.

 

Qui, de l’homme ou de l’acteur, a le plus influencé l’autre ?
C’est l’homme, incontestablement. Il n’y a pas d’autres choix. Un acteur en tant que tel n’existe pas. En théorie, peut-être, mais pas en pratique, contrairement à la personne. Nous ne pouvons pas prétendre être ce que nous ne sommes pas. Affirmer qu’un acteur peut se transformer, c'est faire de l'ironie. Peut-être que le public voit des transformations, mais ce n’est pas réellement le cas. Selon moi, un acteur n’a pas d’autre choix que de livrer une part de lui-même dans ses rôles. Il n’y a pas d’échappatoire. Vous êtes condamné à être vous-même, même sur les plateaux.

En 2000, vous êtes passé derrière la caméra pour réaliser un téléfilm. Souhaiteriez-vous renouveler cette expérience pour le cinéma ?
Complètement. Je travaille sur cette possibilité en permanence. Pour l’instant, il y a toujours quelque chose qui m'empêche d'avancer et financer un film est très compliqué... mais je ne désespère pas d’arriver à donner un jour le coup d’envoi de ce projet. J’ai des idées de film mais il est difficile pour un acteur de mon âge de franchir le cap de la réalisation au cinéma. Je ne suis plus si jeune et les producteurs préfèrent les jeunes pousses. D'autre part, je ne suis pas intéressé par la réalisation d’un petit film. J’ai certaines attentes et je ne suis pas prêt à en changer.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Je prépare le tournage d’un film de Tim Burton qui s'appelle Big Eyes. Le tournage débute en juillet.

 

Entretien réalisé par Benoit Pavan

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Officiel En salles le 17.05.13

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