Officiel | Mise à jour : 13.02.18 . 15:59

GRAND ANGLE - « Le générique est passé de l’obligation administrative à une séquence de rêve »

 Alexandre Tylski © C.Vuillaume

Alexandre Tylski © C.Vuillaume

En 1958, Vertigo d’Alfred Hitchcock a marqué la Croisette par son générique hypnotique... Alexandre Tylski est auteur-réalisateur de la série « Blow Up » sur Arte. Boulimique de cinéma et passionné de génériques de films, il évoque l’évolution de cet art qui représente l’identité visuelle et musicale d’un film. Et les génériques de la Sélection 2015, que nous réservent-ils?

 
Quels précurseurs ?
Il s’agit des génériques parlés de Marcel L’Herbier au début des années 1930 puis ceux de Sacha Guitry et Orson Welles. Les génériques ultra graphiques et métaphoriques de Saul et Elaine Bass dans les années 50 - pour Otto Preminger notamment - et ceux, très colorés, de Maurice Binder, pour Stanley Donen et les James Bond. Les génériques typographiques et contestataires de Jean-Luc Godard, sans oublier les génériques d’Alfred Hitchcock, et plus récemment, ceux de Steven Spielberg, Martin Scorsese, Tim Burton ou même Gaspar Noé.

 

Vertigo (Sueurs Froides) d'Alfred Hitchcock a été mis à l'honneur par le chorégraphe Benjamin Millepied pour l'ouverture de la 68e édition.
 


Les évolutions du générique dans le temps
Au départ, il n’y avait pas de générique et peu à peu il a fallu protéger les œuvres légalement avec des titres ou des cartons. En 1910, les interprètes sont crédités, les réalisateurs, que l’on appelait « cinégraphistes » et enfin les scénaristes apparaissent à l’écran. Le générique est passé d’une obligation administrative à une séquence de rêve et de charme au fil des décennies, en particulier dans les années 30, puis dans les années 50/60, on aimait ce qui était très coloré. Le générique sert de laboratoire d’expérimentation pour le cinéma et l’audiovisuel. Aujourd’hui, le générique inspire le monde de la mode, la télévision, la publicité… Il peut même inspirer le film. Par exemple, La Panthère Rose avait déjà son thème de générique avant d’être une série animée !

La place du générique dans le cinéma actuel
Le générique est une séquence de stratégie narrative, un lieu de signature et de revendication personnelle et chaque cinéaste l’emploie à sa manière. Même Woody Allen, qui aime les génériques a priori très sobres : en noir et blanc, accompagnés de la fameuse « police Windsor », rend ses films identifiables. Parfois, le générique peut être chez eux une métaphore, une métonymie. Banlieue sensible du cinéma, mémoire et force motrice des films, mosaïque, lieu de confidences et de confessions…

 

Midnight in Paris a fait l'ouverture du Festival de Cannes en 2011

 

Propos recueillis par Hannah Benayoun

 

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