Officiel | Mise à jour : 13.02.18 . 16:33

RENCONTRE - Tahar Rahim : « Je rêve d’interpréter un type sans foi ni loi »

Tahar Rahim © FDC / T. Leibreich

Tahar Rahim © FDC / T. Leibreich

A seulement 33 ans, l’acteur Tahar Rahim est l’un des meilleurs acteurs français de sa génération. Le film Un Prophète qui l’a révélé en 2009 a été couronné du Grand Prix du Jury à Cannes. Depuis, sa filmographie déjà subtile s’aiguise au fil des personnages. Cette année, l’acteur est membre du Jury Un Certain Regard présidé par Isabella Rossellini. Un nouveau rôle pour l’interprète aux deux Césars. Entrevue. 

 

Tahar Rahim © FDC / T. Leibreich


Cette année vous passez de l’autre côté du miroir en étant membre du Jury Un Certain Regard. Premiers ressentis ?
Je suis honoré que l’on place une telle confiance en moi, c’est une responsabilité. J’ai l’impression d’être un journaliste, je dois voir trois films par jour. En temps normal, je n’ai plus le temps de voir autant de films. C’est une gymnastique que je dois reprendre : sortir d’un film pour en découvrir un autre tout de suite après. Pour moi, Un Certain Regard ne se détache pas des autres sélections, il n’y a pas de spécificité, un film est un film, il faut tous les accueillir avec la même constance et le même respect.


On a souvent l’impression qu’il y a une fluidité dans votre métier d’acteur, une certaine malice à jouer des personnages. Comme une sorte de facilité…
Rien n’est facile. Pour la simple et bonne raison que je joue des personnages qui sont loin de moi, ils ne parlent qu’à travers moi. Il est tellement complexe de défendre des choses que l’on ne ferait jamais dans la vie ! La clef pour jouer ces rôles, c’est de s’inventer une croyance.


Dans vos films, vous interprétez souvent des infiltrés. Dans Un Prophète vous découvrez le monde carcéral, dans Les Hommes Libres, vous devez percer à jour la Mosquée de Paris et dans Les Anarchistes que vous présentez à la Semaine de la Critique, vous découvrez les groupes révolutionnaires de la Belle Epoque.
Je n’y avais jamais pensé, mais c’est vrai ! C’est mon côté curieux je pense… J’essaie de varier les points de vue, m’aventurer dans un monde.

 


Vous êtes très travailleur, comment vous préparez-vous avant chaque film ?

Si je joue un policier, je préfère aller travailler avec eux. Pour les Anarchistes, j’ai essayé de comprendre la pensée des anarchistes du début de siècle. Il faut puiser dans le réel, l’Histoire. Des anarchistes, il y en avait de toutes sortes. Ceux que j’approche dans le film sont encore jeunes, ils croient en leur cause, ils sont bourrés d’idéaux mais ils sont en plein processus... J’ai certes lu beaucoup de livres mais j’ai surtout décortiqué le scénario en amont. Je me focalise surtout sur mon personnage par rapport aux autres. Comprendre une époque, une situation c’est très important mais je ne crois pas à la « sur documentation ». Il faut surtout appréhender l’humain.


Quel est le rôle que vous rêvez d’interpréter à ce stade de votre carrière ?
J’attends de jouer un type sans foi ni loi, un vrai salaud. Mais curieusement, on me l’a peu proposé. J’aimerais comprendre comment, en tant qu’acteur, je peux sauver ce genre de personnage. Comment arriver à provoquer de l’empathie sans passer par le scénario… J’adorerais aussi me retrouver dans les années trente…

 


Quel(le) réalisateur(trice) pourrait vous donner cette chance ?

Peut-être une réalisatrice ! J’ai tourné avec Rebecca Zlotowski pour Grand Central et je vais également travailler avec Katell Quillévéré… C’est toujours enrichissant de tourner avec des femmes car elles nous poussent à creuser dans notre sensibilité, cette part de féminité que nous avons tous. Mon jeu s’enrichit à chaque fois.


Dans Tahar l’étudiant, tourné en 2005 sur votre vie à Montpellier, il y a une scène où une de vos amies tire les cartes pour connaître votre avenir… Elle prédisait alors un grand changement pour vous. Etes-vous superstitieux ?
Cette scène était prémonitoire ! La conclusion que je tire de cette scène aujourd’hui est claire : je ne suis pas superstitieux mais je crois en la providence. Tout ce que nous désirons accomplir, la carrière que l’on veut entreprendre, on le décide. Mais il y a des facteurs qu’il faut laisser entrer dans sa vie, des paramètres qu’il faut saisir et il faut composer avec. J’ai beaucoup travaillé mais tout est allé vite. Quand je vois d’autres comédiens qui ont du mal à avancer, je suis conscient de la chance immense que j’ai connue. Cette chance qui me suit depuis longtemps…


Entretien réalisé par Hannah Benayoun

 

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