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    Jury 28.05.17 . 15:30 Mise à jour :28.05.17 . 11:42

    Rencontre avec Cristian Mungiu, Président du Jury des courts métrages et de la Cinéfondation

    Cristian Mungiu, Président du Jury de la Cinéfondation et des Courts Métrages

    Cristian Mungiu, Président du Jury de la Cinéfondation et des Courts Métrages © Dominique Charriau / Getty Images

    Il est de ces cinéastes qui ont réussi la prouesse de décrocher une Palme d’or dès leur second long métrage. C’était en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Une décennie et trois films plus tard, dont un Prix du scénario pour Au-delà des collines en 2012 et un Prix de la mise en scène pour Baccalauréat en 2016, Cristian Mungiu a tracé la voie à toute une génération de jeunes réalisateurs par sa capacité à se renouveler sans se compromettre. Président du Jury des courts métrages et de la Cinéfondation, il évoque l’étape cruciale des premiers pas derrière la caméra.

    Quelle importance revêtent les courts métrages à vos yeux ?

    Ils permettent avant-tout à un jeune réalisateur de faire toutes les erreurs à ne plus renouveler ensuite. C’est un exercice particulier car certains sujets ne s’appliquent pas à ce format. En principe, pour être réussi, un court métrage doit capter un tout petit moment d’une histoire avec originalité. Les miens étaient des sortes de longs métrages comprimés. Je ressentais déjà le besoin de créer une structure complexe, avec beaucoup de situations où apparaissaient des surprises. Mes courts métrages m’ont donné la possibilité de voyager, d’échanger avec d’autres réalisateurs et d’avoir un retour du public sur mon travail.

     

    De quelle manière préparent-ils à un premier long métrage ?

    Le court métrage offre la possibilité d’appréhender la gestion d’un plateau de tournage et des comédiens, qui sont parfois plus âgés que toi … Tout cela est toujours un peu compliqué au début ! Pour ma part, c’est à cette occasion que j’ai ancré mon souhait de tourner davantage au moyen de longs plans-séquence. Un metteur en scène ne peut pas maîtriser les différentes gammes de plans dans son premier long métrage s’il ne les maîtrise pas déjà dans un court. Ce format m’a également permis de ne pas faire un détour par la télévision et éventuellement de m’y perdre.

     

    Quelles sont les erreurs à ne pas commettre lors d’un premier film ?

    On a toujours tendance à vouloir montrer qu’on est inventif et qu’on sait faire aussi bien que les autres. Mais au cinéma, tout commence vraiment quand tu arrives à réaliser quelque chose de simple et qui te ressemble. Ce qui est important, c’est de faire quelque chose qui soit un peu personnel, qui exprime ta personnalité. Pour ma part, j’ai réalisé un premier film trop complexe, où mes influences narratives se reflétaient trop. Le premier long métrage, c’est ta carte de visite, et beaucoup de choses en dépendent. Il te place quelque part sur l’échiquier du cinéma mondial.

     

    Le plus difficile dans une carrière au cinéma, n’est-ce pas de perdurer ?

    Tout à fait. Le plus simple, c’est de te faire remarquer avec ton premier film. D’autant que beaucoup de fonds misent sur les premiers films. Quand tu commences, tes idées sont claires, tu sais où tu veux aller et tu as plein d’idées en tête. Continuer, c’est beaucoup plus compliqué... Mais tout est possible dans le cinéma. Tout dépend de ta capacité à te réinventer et à réinventer ton travail de manière assez forte, sans perdre ton style.

    « Il n’est pas indispensable de réaliser des films pour qu’ils soient appréciés »

    Quelle importance peut revêtir la cinéphilie dans l’élaboration d’un premier film ?

    C’est important d’être cinéphile mais pour ma part, j’ai toujours essayé d’observer en priorité la réalité, et ce quelle que soit l’étape de ma carrière. L’inspiration, je la trouve dans le réel. La trouver dans le cinéma est erroné car le propre du 7e Art, c’est d’être une interprétation de la réalité.

     

    Une école de cinéma, est-ce indispensable selon vous ?

    Je pense que c’est une étape importante dans la carrière d’un réalisateur, mais tout dépend de l’industrie dans laquelle on débute. Me former dans une école a été une étape importante pour moi, notamment à l’époque où je l’ai fréquentée, dans les années 1990. La Roumanie possède une industrie du cinéma très formatée et sans un lien avec cette école, il m’aurait été difficile de faire des rencontres et d’être repéré. Trente ans plus tard, alors que tout le monde peut faire un film avec un téléphone, la situation est un peu différente. Mais passer par une école te permet d’acquérir une structure et de t’exposer au médium cinématographique.

     

    Comment fait-on pour ne pas rater un deuxième film ?

    Je crois qu’il n’existe pas de recette universelle. Le faux pas peut surgir à n’importe quel moment d’une carrière. D’ailleurs, est-ce si grave de se tromper ? Ce qui est important, c’est d’être honnête avec soi-même et avec ses capacités. Au cinéma, il est facile de manipuler le spectateur et c’est pour cette raison qu’il faut toujours essayer de rester humble. Rater une réalisation, ce n’est possible que si elle est encadrée d’objectifs. Faire un film qui n’a pas le succès envisagé, ce n’est pas si grave. Il n’est pas indispensable de réaliser des films pour qu’ils soient appréciés.

    Rédigé par Benoit Pavan
    Jury 28.05.17

    Rencontre avec Cristian Mungiu, Président du Jury des courts métrages et de la Cinéfondation

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