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Entretien avec Martina Gusman

Le 16.05.2011 à 00:00 - Mis à jour le 19.05.2011 à 13:50

Martina Gusman © AFP
Martina Gusman © AFP

Productrice indépendante du cinéma argentin depuis près de dix ans, Martina Gusman se révèle à Cannes en tant qu’actrice en 2008 dans Leonera, un film de Pablo Trapero présenté en Compétition. Elle retrouve le cinéaste en 2010 pour Carancho, sélectionné à Un Certain Regard. La voici, un an plus tard, au sein du Jury des longs métrages.

Vous rejoignez Robert De Niro au sein du Jury des Longs-Métrages. Est-ce que faire partie de ce jury a une signification particulière pour vous ?
Absolument. Robert De Niro est un acteur que nous admirons tous énormément. J’ai grandi avec ses films. Le fait d’être membre du Jury avec lui, d’avoir l’occasion de parler de cinéma avec lui, c’est comme un rêve ! J’admire aussi le travail des autres membres du Jury.


Parlez-moi de votre première fois à Cannes. Quelle place occupe le Festival dans votre carrière ?
C’était en 2001, je suis venue avec Pablo Trapero, mon mari, qui est réalisateur en Argentine. Il présentait son film Libertad. On est revenus en 2002 avec El Bonaerense un film qu’il a produit. Cette fois, on était trois, avec notre enfant. Il avait à peine quarante-cinq jours. Et je suis là, aujourd’hui, à Cannes, dans le Jury !

Justement, vous êtes de l’autre côté du miroir en tant que membre du Jury. Comment appréhendez-vous cette nouvelle position ?
Pour moi, chaque personne a sa propre sensibilité, ses idées, ses émotions. Je vais être une spectatrice, me laisser submerger par le film, essayer de trouver ce que le réalisateur me propose et me perdre dans l’histoire. Je n’aime pas le mot « juger » : j’ai le sentiment de dire si quelque chose est bien ou mal. Ce que je veux, c’est dire quel est le cinéma que j’aime dans cette sélection.


Vous produisez des films depuis plus de dix ans, votre travail est reconnu en Argentine. Quels sont les critères indispensables à la réalisation d’un bon film ?
Je crois qu’il faut être cohérent avec soi-même. Mais aussi avoir une idée précise de ce que l’on veut raconter. La clé, c’est d’être fidèle et cohérent avec ses idéaux, ses sentiments et ses désirs. Car qu’est-ce qu’un film en fin de compte ? C’est raconter une histoire et transmettre un message.


Quelle est votre opinion sur le cinéma argentin ? Quel sera son futur selon vous ?
Le cinéma argentin a beaucoup changé en quinze ans. Pablo appartient à cette nouvelle génération du cinéma argentin qui a commencé à participer aux festivals. Les styles ont changé, les formats aussi, tout est très différent désormais. On sent un profond besoin de raconter des histoires, de raconter le monde. Je suis très heureuse de faire partie du cinéma argentin, vraiment fière d’être là et de le représenter.


Vous avez tourné pour la première fois dans Nacido y Criado, puis dans Leonera (en Compétition à Cannes en 2008) et Carancho (Un Certain Regard en 2010). Ces trois films ont été réalisés par votre mari, Pablo Trapero. C’est lui qui vous a poussée à tenter l’expérience ?
Je suis actrice de formation – j’ai suivi des cours depuis toute petite – mais je produis des films depuis plus de dix ans. Quand Pablo m’a connue, je faisais du théâtre. Depuis, il n’a jamais cessé de me dire que je devais jouer. Il m’a beaucoup encouragée. Pour moi, c’est une très belle rencontre ; j’aime beaucoup ce qu’il fait, j’adore sa façon de choisir ses acteurs. Travailler avec lui a été extraordinaire.


Qu’est-ce qui vous plaît dans le métier d’actrice ?
J’adore avoir la possibilité de vivre plusieurs vies en une seule, de jouer des histoires réelles et les transmettre à un public qui ne les connaît pas forcément. J’aime aussi le fait d’apprendre.


Vous défendez un cinéma désireux de faire bouger les choses. Leonera avait suscité un débat sur les prisons en Argentine. À votre avis, c’est le rôle du cinéma de dénoncer et d’exprimer une opinion ?
Je ne crois pas que le rôle du cinéma soit de dénoncer. Le cinéma lui-même ne dénonce pas. Le cinéma provoque des réflexions, des sensations, éveille des sentiments. Le cinéma permet de dire «  Wake up, il y a une réalité, la voici ! ». C’est cet impact qui me plaît. Pour moi, Leonera et la loi votée ensuite, c’est incroyable ! Mais le plus extraordinaire, c’est la réaction que le film a suscitée auprès des personnes à l’origine de la promulgation de cette loi.


Quelle est la scène qui vous a le plus marquée au cinéma ?
Il y en a tellement… Les Temps modernes de Charlie Chaplin est un film qui m’a beaucoup marquée. C’était comme un lien entre ce côté incroyable du cinéma et moi, avec la magie du cinéma.


Un dernier mot ?
Je suis si heureuse ! Etre là, pendant deux semaines, regarder des films extraordinaires dans des salles magnifiques et magiques comme le Grand Théâtre Lumière… Avoir la possibilité de partager tout ça avec les autres membres du Jury, c’est une expérience unique.


Entretien réalisé par T.K.

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