73e édition | Mise à jour : 02.07.20 . 16:37

« On se serait crus à Cannes ! »

Marché du Film 2020 Online - Bilan

Marché du Film 2020 Online - Bilan © DR

 

Le Marché du Film 2020 online, qui s’est tenu du 22 au 26 juin a été une réussite technique et économique, mais il a aussi permis aux professionnels du monde entier de se retrouver et d’échanger dans une période difficile pour le secteur.

Les chiffres le prouvent, le pari de la dématérialisation, pandémie oblige, a été gagné : autour de plateformes « online », accueillant projections, conférences, mais aussi facilitant les rendez-vous virtuels, le Marché du Film a rassemblé 10 000 participants en provenance de 122 pays, discutant d’environ 3 500 films, en projet ou en finition, et assistant à plus de 1 200 projections. Le premier enjeu était technique et sur ce plan-là les professionnels ont applaudi fiabilité et facilité d’usage.

 

Ils ont aussi apprécié la qualité graphique et le partage d’expérience qu’offraient les différents « lieux » virtuels du Marché : « Nous avons reçu beaucoup de messages de professionnels nous disant qu’ils avaient eu l’impression d’être à Cannes, explique Jérôme Paillard, directeur délégué du Marché du Film. C’est la preuve que même un événement virtuel parvient à créer des moments de communion, d'unicité. Non seulement les professionnels ont vu les films, mais ils ont eu conscience de les voir ensemble ! » Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes, renchérit : « La quantité et la qualité des échanges nous transportaient presque réellement dans les allées et les stands du marché. La capacité d’adaptation et l’imagination des équipes de Jérôme Paillard m’ont vraiment épaté. Leur engagement et leur souci que leurs sites soient beaux et pratiques m’ont réjoui.»

 

Côté « business » les doutes étaient légitimes, le secteur étant fortement ébranlé par les conséquences de la pandémie, certains pays participants n’ayant même pas encore rouvert leurs salles de cinéma. Mais les échanges ont été importants, stimulés par deux types de production : d’une part des projets anglophones à gros budget, de l’autre les titres de la Sélection officielle 2020. Dans le premier cas, les enchères ont monté par exemple pour Armageddon time, de James Gray, un récit d’apprentissage et d’amitié dans le New York des années 80, avec une distribution prestigieuse (Robert de Niro, Cate Blanchett, Oscar Isaac, etc.), Enzo Ferrari, de Michael Mann, « biopic » du pilote automobile et industriel italien, The Card Counter, de Paul Schrader, autour d’un joueur professionnel interprété par Oscar Isaac ou encore Spencer, de Pablo Larraín, dans lequel Kristen Stewart jouera la princesse Diana.

 

L’attention s’est aussi beaucoup portée sur les films de Sélection officielle 2020. Pour citer des cinéastes déjà célébrés, Eté 85, de François Ozon, Le Discours, de Laurent Tirard, ou Druk, de Thomas Vinterberg ont été vendus à de nouveaux territoires. Mais cet exceptionnel Marché du Film a aussi permis au Festival de Cannes, même empêché dans sa forme traditionnelle, de continuer à faire émerger les talents de demain : parmi les premiers films, Gagarine, de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, chronique onirique de la vie dans une cité, ou Slalom, de Charlène Favier, sur le harcèlement sexuel dans le monde du sport, ont été salués par les critiques de la presse professionnelle et par les acheteurs. Le premier a notamment été vendu aux Etats-Unis au Cohen Media Group et au Royaume-Uni à Curzon.

 

Le Marché du Film a également hébergé un certain nombre d’échanges, panels ou conférence, très suivis par les participants :  une série de rendez-vous sur la musique de film en association avec la Sacem, une incitation à l’adaptation de romans, l’initiative Shoot the Book ! ou encore la mise en avant des projets de La Fabrique Cinéma de l’Institut Français, etc. Plusieurs tables rondes virtuelles ont abordé des questions importantes : l’inclusion, le rôle de l’Europe, les conséquences à long terme du coronavirus sur l’industrie.

 

De quoi prendre le pouls du secteur et, après des semaines de confinement, se sentir membre d’une communauté de professionnels partageant les mêmes craintes et les mêmes espoirs. Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, conclut : « Avec ce Marché du film en ligne, Cannes 2020 aura déployé la deuxième dimension du Festival, celle d’une organisation dédiée aux professionnels de l’industrie. L’agilité avec laquelle le Marché se sera transformé pour s’adapter aux conditions spéciales de l’année a été saluée partout, par toutes les équipes de ventes et d’acquisition, chacune dans leur bureau, leur villa ou leur plage à l’autre bout du monde. Ce fut une magnifique façon de se retrouver. Ce fut aussi un premier test sur les films de la Sélection officielle 2020 et sur les perspectives de… Cannes 2021! »

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