Atelier de la Cinéfondation : Abdi Ismael Jama – « Queleh »
Parmi les 15 projets de films de l’Atelier 2008 figure celui du réalisateur somalien Abdi Ismael Jama intitulé Queleh et qui sera son premier long-métrage. Celui-ci a émigré de Somalie et s’est installé aux Pays-Bas à l’adolescence. Diplômé de la Nederlandse Film & Televisie Academie d’Amsterdam, il a réalisé quatre courts-métrages : Noura (2000), Arrak (2001), Nolocha (2002) et Lost Boy (2007).
"C’est la première fois que je viens à Cannes. Je suis accompagné de mon producteur, Guillaume de Seille d’Arizona Films. C’est grâce à lui que je suis à l’Atelier de la Cinéfondation. Je l’ai rencontré en 2002 par l’intermédiaire du chef-opérateur de Abouna, Abraham Haile Biru, au Festival du Film de Rotterdam, où mon film de fin d’études a été montré. Et maintenant ça fait six ans que nous travaillons sur ce projet."
Malgré la quasi-absence d’industrie cinématographique et un taux d’analphabétisation atteignant les 80% en Somalie, Abdi s’est rapidement découvert une vocation pour le Septième Art. "Je souhaitais devenir acteur avant de me lancer dans la réalisation et pour cela, j’ai effectué de nombreuses auditions, mais je n’ai jamais été pris, confie-t-il. Mon père et ma grand-mère aimaient raconter des histoires et quand j’ai débarqué aux Pays-Bas, je souhaitais mettre en scène des histoires inconnues provenant de mon pays. J’ai été étonné de voir que le gouvernement hollandais ne savait même pas qu’il y avait la guerre en Somalie. J’ai voulu parler de ce qu’était notre pays avant la guerre, du mode de vie qu’on avait, de notre culture."
Basé sur l’histoire personnelle de réfugiés, Queleh fait référence au nom du personnage principal du film, le fils aîné d’une famille de fermiers qui se retrouve contraint d’assumer toutes les responsabilités familiales le jour où son père est arrêté par le régime militaire. Pour Abdi, le cinéma doit avoir pour mission première d’informer. "Quand je suis arrivé aux Pays-Bas, j’ai découvert ce qui était arrivé aux Juifs européens au début des années 40, raconte le réalisateur. Je ne connaissais rien du génocide qui avait eu lieu, et c’est grâce à La Liste de Schindler et au Pianiste que j’ai découvert ce qui s’était réellement passé. Aussi, le cinéma doit témoigner de faits réels et nous en parler. C’est ce à quoi mes films aspirent."