Atelier de la Cinéfondation : Razvan Radulescu & Melissa De Raaf – « First of All, Felicia »
Parmi les 15 projets de films faisant partie de la sélection de l’Atelier 2008 figure celui du metteur en scène roumain Razvan Radulescu et de la cinéaste hollandaise Melissa de Raaf, First of All, Felicia, leur premier long-métrage co-réalisé. En tant que scénariste, Razvan Radulescu a notamment écrit Le Matos et la Thune et La Mort de Dante Lazarescu de Cristi Puiu, qui a remporté un succès international. Il est également intervenu comme consultant auprès de Cristian Mungiu pour le scénario de 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Palme d’Or en 2007. Revenant sur ses collaborations scénaristiques, Razvan Radulescu raconte : « Vu de l’étranger, le cinéma roumain donne l’impression de connaître une Nouvelle Vague, mais je voudrais dire qu’il est aussi très agréable de travailler avec de très bons réalisateurs. Dans notre pays, ils ont des états d’esprit et des sensibilités complètement différents. »
Melissa de Raaf est quant à elle curatrice indépendante sur des programmes de films expérimentaux et des expositions aux Pays-Bas, en Allemagne et en Russie. Elle participe en tant qu’auteur et réalisatrice à des productions de films et de documentaires avec des artistes multimédias. Les deux cinéastes se sont connus à la HFG School de Karlsruhe, en Allemagne. Razvan Radulescu y enseignait l’art de la dramaturgie tandis que Melissa y étudiait la philosophie et les médias. En octobre dernier, ils ont reçu la confirmation que leur projet obtiendrait un financement roumain représentant la moitié des fonds nécessaires à sa mise en chantier, ce qui leur a permis de participer à l’Atelier de la Cinéfondation de cette année.
L’action de First of All, Felicia se déroule à Bucarest, le jour où Felicia doit quitter la capitale roumaine et ses parents, chez qui elle vient de passer ses vacances, pour retourner aux Pays-Bas. Une histoire personnelle pour les deux co-réalisateurs comme l’explique Razvan : « Je dois dire que nos vies, ces six dernières années, ont été faites de voyages et d’un sentiment de non appartenance à un territoire. Vous perdez toute idée de sédentarité. Ce film se nourrit de nos expériences passées et individuelles. »
Pour Melissa, il s’agit de sa première venue à Cannes. « C’est éblouissant et superbe », raconte-t-elle. Razvan, lui, était déjà venu à Cannes il y a sept ans. « Lorsque je suis arrivé devant le Noga Hilton, se souvient-il, il y avait une superbe Ferrari rouge décapotable qui était garée là. A mon avis, on ne voit ça qu’à Cannes. »