Ethan et Joel Coen, musicalement.

Photo du film Inside Llewyn Davis © DR

Indissociablement liée à l’ancrage de leur cinéma dans l’histoire américaine, la musique dans les films de Joel et Ethan Coen joue un rôle fondamental, particulièrement revendiqué dans le récent Inside Llewyn Davis (2013) inspiré de la vie du chanteur Dave Van Ronk et qui s’ouvre sur la prestation live d’Oscar Isaac interprétant l’intégralité du traditionnel « Hang Me, oh Hang Me » dans un club folk new-yorkais. Une scène qui nous a donné envie de faire la tournée en musique de leur filmographie.

En 1984, premier film, l’ambiance musicale de Blood Simple est confiée au compositeur new-yorkais Carter Burwell. Comme souvent chez les frères Coen, c’est le début d’une longue coopération puisque c’est à Carter Burwell — également connu pour son travail sur les films de Spike Jonze — que l’on doit la création de la grande majorité de leurs bandes originales. Ainsi des violons irlandais qui percent le brouillard de la scène liminaire de Fargo, ainsi de Barton Fink, No Country for Old Men, Lady Killers, Burn After Reading ou True Grit, qui seront autant d’occasion d’explorer les genres Folk, Blues, Country ou encore Gospel, et de revisiter des standards mis au service de la psychologie des personnages, qu’on se souvienne de la chorégraphie de Jesus alias John Turturro sur une reprise d’Hotel California par les Gypsy King dans The Big Lebowski

 

 

 

 

C’est aussi pour The Big Lebowski en 1998 que les Coen collaborent pour la première fois avec le musicien et producteur T-Bone Burnett (notamment producteur en dehors de ses propres  albums, de ceux de Roy Orbison, Elvis Costello ou Elton John). Ils le retrouveront deux ans plus tard pour la partition « Bluegrass » de O’Brother et l’enregistrement burlesque de « Man of Constant Sorrow » de Dick Burnett par George Clooney, John Turturro et Tim Blake Nelson, alias The Soggy Bottom Boys. Une bande originale dont les ventes cavaleront à 10 millions d’exemplaires.

 

Pour Inside Llewyn Davis, dont l’ambiance musicale se situe dans la filiation de celle de O’Brother, les Coen prennent le parti de laisser les acteurs chanter en live devant la caméra dans les conditions d’un concert. Un rêve pour T-Bone Burnett, à nouveau en charge de la production musicale, qui confie dans une interview au Monde : « La scène est tout ce que je connais et, pour la première fois, les conditions de la scène étaient réunies dans un film qui n’est pas un concert filmé. Je ne vois pas de film aussi vrai qui ait été réalisé sur les musiciens. »