Conférence de presse du Jury des Longs Métrages

Conférence de presse du Jury

A quelques heures de la cérémonie d'ouverture, l’ensemble du Jury du 70e Festival de Cannes, présidé par Pedro Almodóvar et composé de Park Chan-Wook, Maren Ade, Jessica Chastain, Will Smith, Fan Bingbing, Gabriel Yared, Agnès Jaoui et Paolo Sorrentino, s'est prêté au jeu de la traditionnelle conférence de presse.

Pedro Almodovar, sur son ambition en tant que Président du Jury :

Tout ce que j’espère en tant que président de ce Jury, c’est qu’on pourra ressentir des émotions aussi pures que les spectateurs qui ont découvert La Dolce Vita ou encore Apocalypse Now. En revanche, j’ai toujours ma propre subjectivité quand je rentre dans une salle. Je verrai ces films à travers le filtre de ma personnalité.

Jessica Chastain, sur son rôle de jurée :

La plupart des gens savent que ma carrière a débuté ici, à Cannes. Cet endroit est très important pour moi. Je me souviendrai jusqu’à mon dernier souffle de Tree of Life et de ma première venue ici. Je vais essayer d’être la plus objective possible, même si j’ai des amis dans certains films. Je veux juger ces longs métrages avec un esprit ouvert, en oubliant tout ce que je sais de ces artistes.

Will Smith, sur sa responsabilité de juré :

J’ai grandi à Philadelphie, dans sa partie ouest. Loin du Festival de Cannes, qui est l’ultime prestige du cinéma. Je regardais ça de loin. Je suis donc ici pour apprendre. Je préfère être dans le Jury. Quand on est en Compétition, on ne dort plus, on est angoissé. Je pense que la dernière fois que j’ai vu trois films dans la journée, c’était quand j’avais 14 ans ! Mais je vais être sérieux, aller me coucher tôt et être prêt dès 8h30 du matin pour les premières projections. Nous sommes ici pour donner notre point de vue, pour nous confronter aux préjugés que nous avons. Si on réunit des artistes aux origines professionnelles si diverses, c’est pour qu’un débat artistique s’installe. Et quand on travaille avec autant d’artistes, on ne sait ce qui peut en ressortir. Mon point de vue sera celui d’un afro-américain.

Pedro Almodovar, à propos de l’arrivée de Netflix dans le cinéma :

Je préfère sans hésitation que l’un de mes films soit vu en salle, sur grand écran. Vous avez mis le doigt sur le grand débat de ce festival. Les plateformes digitales constituent une nouvelle manière de présenter une œuvre, et c’est enrichissant. Mais il ne s’agit pas que ces nouvelles formes se substituent à d’autres, comme celle d’aller au cinéma. Pour moi, ces plateformes doivent accepter les règles en place, notamment financières et fiscales, adoptées par l’ensemble des réseaux. Ce sont les seuls moyens pour que le cinéma survive. Je ne peux pas concevoir que la Palme d’or soit remise à un film qui ne soit pas vu en salles. Tout cela ne signifie pas que je suis fermé aux nouvelles technologies et à ce qu’elles nous apportent. Je souhaite lutter contre la capacité d’hypnose. A mon sens, ce qui prévaut, c’est la taille de l’écran. Il nous faut être humble face au grand écran.

Will Smith, sur la présence de Netflix à Cannes :

Mes enfants vont au cinéma deux fois par semaine et regardent aussi Netflix à la maison. Netflix n’a pas d’impact dans le sens où la plateforme n’empêche pas les jeunes d’aller voir des films humblement. Netflix est utile car mes enfants n’auraient pas pu voir autant de films étrangers autrement. La plateforme permet de se connecter au monde, elle permet une meilleure compréhension du cinéma mondial.

Agnès Jaoui, sur la question de Netflix :

On ne peut pas faire comme si la technologie n’avançait pas. Je ne pense pas qu’il faille se braquer et aller à l’encontre de cela. Ce problème est très franco-français et cela n’empêchera pas les gens partout ailleurs d’aller voir les films.