1990 : le “maestro” burkinabé Idrissa Ouedraogo triomphe avec Tilaï
Cannes Classics met à l’honneur le travail d’Idrissa Ouedraogo avec une version restaurée de Tilaï, Grand Prix du Festival 1990. Le film est projeté en version restaurée, en présence de Nora Ouedraogo, la fille de celui qu’on appelait “le maestro” au Burkina Faso.
La Compétition 1990 a laissé son empreinte dans l’histoire du cinéma. David Lynch remportait la Palme d’or pour Sailor et Lula, Gérard Depardieu raflait le Prix d’interprétation pour son rôle dans Cyrano de Bergerac, Ken Loach, Jean-Luc Godard et Clint Eastwood complétaient la sélection. Au milieu de ces grands noms du cinéma, un cinéaste burkinabé prometteur remportait le Grand Prix : Idrissa Ouedraogo, auteur de Tilaï.
Ce film, le troisième du réalisateur, fait le pari de transposer une tragédie grecque dans un village du Burkina Faso. On y suit Saga qui, perché sur les hauteurs du village et muni d’un sifflet, annonce son retour. Il découvre que son père est sur le point d’épouser celle qui lui était promise, Nogma. Saga et Nogma vont vivre leur histoire d’amour en cachette, en dépit des traditions, au péril de leur vie.
“Tilaï” signifie la loi, la conduite, l’honneur. Le film donne à voir des paysages rudes, craquelés, secs, loin de l’image plus esthétisée de La Captive du désert de Raymond Depardon, tourné dans le Niger voisin. Le film d’Idrissa Ouedraogo, aux moyens plus modestes que ses concurrents en Compétition, trouve sa puissance dans ses décors ruraux, les silences lourds de ces personnages portés par des acteurs non professionnels, au service d’une une vision ni folklorique, ni stéréotypée. Tilaï interroge la place de l’individu dans la société dans une œuvre à la technique exigeante.
Une présentation de Waka Films.
Nouvelle version restaurée en 4K à partir du négatif original. Travaux numériques et photochimiques réalisés par le laboratoire Cité de Mémoire, supervisés par Denis Garcia et Silvia Voser, pour le compte de l’Institut français – Cinémathèque Afrique. Distributeur France : Carlotta Films.