La Journée de l’Europe

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C’est dans le contexte de l’adoption le 24 mai dernier par la Commission européenne de la nouvelle loi audiovisuelle qui étendra les avantages de la directive «
Télévision sans frontières » à la vidéo à la demande, que le Festival de Cannes accueille, pour la cinquième année
consécutive, la Journée de l’Europe. Invités par Viviane Reding, Commissaire européenne à la Société de l’Information et aux Médias, et
Gilles Jacob, les Ministres européens de la Culture et de l’Audiovisuel, parmi lesquels figurait la Ministre française nouvellement nommée Christine Albanel, se sont
réunis pour une matinée de réflexion autour du thème « la création cinématographique en Europe : nouvelles règles du jeu ». Un compte-rendu de la
rencontre d’ouverture du 16 mai « Cinéma : vers le public de demain » a permis aux Ministres d’aborder le versant politique de ce sujet. En présence du
réalisateur brésilien Walter Salles, parrain de cette manifestation, ils ont ainsi pu débattre « avec de grands ambassadeurs de la profession des transformations
que les nouvelles plateformes de diffusion apportent à la création et à l’économie du cinéma »
(Mme Viviane Reding).

Soulignant que « le cinéma européen est un cinéma en marche dans sa diversité » et que « la directive « Télévision
sans frontières » servira de base pour que les industries de la création puissent avancer et trouver des solutions positives »
, Mme Viviane Reding a
affirmé que cette réunion avait débouché sur une « discussion intéressante et forte sur le secteur de l’audiovisuel et des nouvelles
technologies »
. L’apport des nouvelles plateformes de diffusion est « positif, permettant de relancer la production de courts métrages, d’inciter à la
numérisation et à l’exploitation des catalogues de films et ainsi à la redécouverte du patrimoine »
, a précisé Viviane Reding, qui s’est
félicitée de la progression de la part du cinéma européen en Europe : « 25 % en 2005 contre 28% aujourd’hui », a-t-elle indiqué. Elle a
également estimé que le parrainage du cinéaste Walter Salles apparaissait comme un symbole montrant que le cinéma européen ne se contente pas de couvrir
l’Europe mais qu’il est en phase avec le monde entier. Et elle a témoigné sa reconnaissance envers Mme Christine Albanel, dont la présence au sein de ce
comité montre à quel point la France se sent solidaire des autres cinémas européens. Mme Reding a par ailleurs insisté sur le besoin d’un dialogue
ouvert entre les politiques, les cinéastes et les producteurs sur le dossier des nouvelles technologies, déclarant au passage qu’il fallait sauvegarder
l’émotion qui émane d’une salle de cinéma lorsqu’un film est projeté.

Mme Christine Albanel a pour sa part affirmé que c’était « une grande chance » et « une grande responsabilité » pour elle
« de commencer ses fonctions avec ce 60e anniversaire très émouvant ». Elle a également déclaré que le film anniversaire, en rassemblant
tous ces talents et en faisant vivre le temps de trois minutes des « mondes et des projets différents », représentait parfaitement cette «
diversité culturelle »
. « Avec l’adoption de la nouvelle directive, nous pourrons parvenir à des actes concrets destinés à soutenir les
créateurs et à aborder au mieux la question des nouvelles technologies »
, a poursuivi la Ministre française. « Je travaillerai au service du
cinéma, des créateurs et de la culture européenne »
, a-t-elle conclu.

Dans un communiqué, Viviane Reding a dressé la liste des moyens à mettre en oeuvre « pour faire revivre l’amour de la télévision pour le cinéma et
doper le cinéma européen ».
Ces moyens sont les suivants :

– Elargir les recettes des télévisions en leur donnant plus de liberté sur le moment d’insertion des spots de publicité sans pour autant abolir les limites de 12 mn
de publicité par heure.

– Elargir les recettes des films en autorisant les télévisions à diffuser les films et séries mettant en valeur un produit en contrepartie d’une contribution de la
marque au financement du film.

– Promouvoir les films sur les sites de vidéo à la demande.

– Relever le défi de la lutte contre le piratage.

Les professionnels présents ont pris acte de cet engagement et exprimé leur satisfaction devant ces nouvelles mesures.

Le Président du Festival Gilles Jacob avait, en ouverture de la rencontre, alerté les ministres présents sur la nécessité de revoir la réglementation
dans le domaine du droit de citation au cinéma dont les tarifs actuellement très élevés entravent le travail documentaire historique nécessaire au travail de
mémoire et d’éducation au cinéma. S’appuyant sur la réalisation du film du 60e anniversaire, pour lequel certains réalisateurs tels Andreï Konchalovsky
ont dû « tricher » en ne montrant que des génériques des films qu’il voulait utiliser, il a demandé l’ouverture d’une réflexion sur le sujet dans le respect des
droits des auteurs.

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