Im Sang-Soo face au pouvoir de l’argent
Argent, pouvoir et soumission, le cinéma de Im Sang-Soo explore des thèmes récurrents. Avec L’Ivresse de l’argent, le Coréen revient en Compétition deux ans après The Housemaid et s’intéresse à la cupidité, l’un des grands maux du pays selon le réalisateur.
« Les Coréens, qu’ils soient riches ou pauvres, sont tous devenus obsédés pas l’argent ». Parti de ce constat, Im Sang-Soo imagine l’histoire de Young-jak, secrétaire particulier de la dirigeante d’un géant de l’industrie coréenne. Très rapidement, l’homme va devenir accro à l’argent, acceptant les demandes les plus douteuses et immorales de son employeur.
L’argent et son influence viennent étayer une facette de l’œuvre d’Im Sang-Soo, minutieuse réflexion sur les rapports de domination dans la société coréenne. L’Ivresse de l’argent s’inscrit dans la continuité directe de The Housemaid, thriller érotique en Compétition en 2010, qui raconte l’histoire extraconjugale d’un riche homme avec son employée de maison.

On retrouve dans L’Ivresse de l’argent certains acteurs de The Housemaid. Pour former le couple fortuné, Im Sang-Soo a choisi Youn Yuh-Jung et Baek Yoon-Sik, grands noms du cinéma coréen. Des vedettes de la jeune génération sont également à l’affiche : Kim Kan-Woo joue le rôle du secrétaire et Kim-Hyo Jin interprète la fille du couple, folle amoureuse de l’employé soumis.
« Mon approche créative ressemble à celle d’une troupe, explique Im Sang-Soo. Le groupe d’acteurs avec lequel je travaille est composé d’artistes de premier ordre, qui sont pour moi de véritables mentors artistiques. »
Les personnages qu’Im Sang-Soo a voulus proches de ceux de Shaekspeare ou Balzac, vont se confronter à un dilemme. D’un côté, le chemin d’une ascension sociale fulgurante au prix d’une soumission sans merci, et de l’autre, le choix audacieux de l’amour, au détriment de tout principe moral.
TK
Le film est projeté samedi 26 mai à 12 heures et 22 heures au Grand Théâtre Lumière.