La fin du capitalisme, vue par David Cronenberg…
Cinéaste visionnaire, le canadien David Cronenberg analyse souvent les travers de notre société et des relations humaines. Il revient cette année avec Cosmopolis, en Compétition, sur le thème très actuel de la fin du capitalisme.
Le film est l’adaptation du roman de l’américain Don DeLillo, publié en 2003, étonnamment prophétique au vu des événements récents, comme le mouvement «Occupy Wall Street», né à l’automne 2011, contestation pacifique dénonçant les abus du capitalisme financier.
David Cronenberg a été si inspiré par l’adaptation de ce livre, qu’il a écrit le scénario en 6 jours. « C’est un thème important, et que je n’avais jamais vraiment abordé : l’argent. Le pouvoir de l’argent, la manière dont il configure le monde. Pour en parler, je n’ai pas eu besoin de faire de recherches particulières sur le monde de la finance. On voit ses représentants partout. »
Le réalisateur a souvent abordé dans ses films des sujets de société liés à des personnages fascinants et troubles. La violence y est montrée comme réflexion sur le rapport qu’on entretient à soi-même, aux autres et à la société. L’identité des personnages est parfois complexe comme dans les Promesses de l’ombre ou History of violence, ce qui les mène à se questionner, et laisse les spectateurs saisis.

Dans ce film, le cinéaste a fait une direction d’acteur basée sur l’instinct, « entièrement fondée sur du ressenti et pas sur des idées », selon l’acteur Robert Pattison, qui y interprète un jeune golden boy de la haute finance à New York, au moment où la ville se trouve en plein chaos. Un sujet propice à une réflexion sur l’évolution du monde, avec un style cinématographique qui mélange les genres, pour mieux créer le trouble…
E.B.
Le film sera projeté le vendredi 25 mai à 8h30, 13h et 19h30 au Grand Théâtre Lumière