Nanni Moretti : « L’important, c’est de voir tous les films avec la même intention et le même respect »
Le Jury des Longs-Métrages présidé par le réalisateur italien Nanni Moretti a détaillé ses intentions en conférence de presse, à quelques heures de la cérémonie d’ouverture :
Nanni Moretti :
"Nous allons nous rencontrer tous les deux jours pour discuter des quatre films que nous aurons vu. Nous allons visionner vingt-deux films en tout et nos différentes sensibilités vont indéniablement se confronter. Mon rôle sera celui d’un chef de classe. L’important, c’est de voir tous les films avec la même intention et le même respect."
Diane Kruger :
"C’est un très grand honneur de faire partie de ce jury. Je suis toutefois très intimidée car j’admire beaucoup toutes les personnes qui le composent. Ma carrière a débuté à Cannes. C’est pourquoi j’ai un attachement particulier pour le Festival. Notre rôle sera d’apprécier cette sélection."
Ewan McGregor :
"Pour les professionnels du cinéma, le Festival de Cannes est une plateforme merveilleuse où leurs films peuvent être plus rapidement qu’ailleurs sous les feux de la rampe. C’est aussi un endroit privilégié pour déceler les nouveaux talents. Je suis à l’aise avec mon rôle de juré. Je n’ai pas l’impression de détenir un pouvoir qui me permettrait de me venger de qui que ce soit."
Alexander Payne :
"Je pense que les prix ont leur utilité et je crois qu’il faut les voir comme quelque chose d’amusant. Pour un réalisateur, faire partie de la sélection est ce qui doit compter le plus."
Andrea Arnold :
"Je vais aller voir les films de la façon la plus ouverte possible. Ce sera comme entrer dans une maison avec les fenêtres et les portes ouvertes. Je n’aimerais pas qu’un de mes films soit sélectionné à Cannes seulement parce que je suis une femme. S’il y a peu de réalisatrices dans la sélection, c’est parce que peu de femme font des films. C’est dommage."
Jean-Paul Gaultier :
"Je suis comme un spectateur normal. J’attends d’être surpris, d’être ému. Mon métier, je le fais à travers le cinéma. C’est un film de Jean Becker qui m’a poussé vers la haute couture. Mon enfance a été bercée par des films français, allemands, par Fassbinder et Antonioni. The Rocky Horror Picture Show est un de mes films de chevet."
Hiam Abbas :
"Quand on travaille dans ce métier, on connait tellement ses détails de fabrication qu’on peut rarement se laisser aller devant un film. C’est ce que je vais tenter de faire ici. Face à tous ces monstres du cinéma mondial, je me sens toute petite. C’est une lourde responsabilité."
Raoul Peck :
"Nous avons envie d’être séduits, de vivre une expérience personnelle, et pour cela il nous faut mettre de coté nos goûts cinématographiques habituels. Ce sont les films qui feront la différence."
Propos recueillis par BP