Yousry Nasrallah:  » Un engagement politique et un engagement pour le cinéma »

Equipe du film

Yousry Nasrallah, réalisateur de Après la bataille, a tenu sa conférence de presse, entouré de trois de ses comédiens, Bassem Samra, Menna Shalaby et Nahed El Sebaï), de son producteur français, Georges-Marc Benamou, de son producteur égyptien, et de son co-scénariste, Omar Schama. Extraits.

 

Yousry Nasrallah, à propos de l’extrême rapidité avec laquelle le film a été tourné, en pleine révolution.

« J’étais en train de tourner un autre film mais cette période était tellement mouvementée qu’elle nous prenait toute notre énergie, notre pensée, notre affectif. Je me suis dit que c’est avec cette matière qu’on fait un film. J’ai eu l’idée de travailler avec des comédiens et voir ce qui se passerait entre la chute de Moubarak et les élections. Mais j’ai finalement décidé de l’arrêter avant, en octobre, avec le massacre devant la maison de la télévision, parce que toutes les cartes étaient sur table (…). Dans un contexte où le cinéma, comme l’art en général, est attaqué en Egypte, par les partis dits islamistes, je crois que notre film est un engagement politique et un engagement pour le cinéma. Je crois que c’est ce qui nous a fait tenir, les comédiens, les techniciens et moi, pendant 6 mois sans savoir ce qui allait advenir de l’histoire et des personnages.

 

A propos de l’engagement des comédiens

Menna Chalaby : « Je suis pour la liberté des artistes. Je peux me battre ».

Bassem Samra : « J’étais très inquiet à cause de ces courants opposés à la démocratie à l’art que ça pourrait être le dernier film, mais on était motivés pour faire ce film ensemble, parce qu’on aime notre métier. Notre présence à Cannes est une belle réponse à tous ceux qui veulent arrêter l’art en Egypte ».

 

Yousry Nasrallah, sur la présence du film à Cannes:

« Ça fait 20 ans que je fais des films qui ne sont pas mauvais. Que ce soit, celui-là, réalisé dans des conditions d’une totale liberté, qui soit en compétition est un signal fort pour le monde arabe. Le refus de baisser les bras et la tête devant la dictature, c’est ce qui fait le cinéma. »

Propos recueillis par B. de M.