GRAND ANGLE – Petit précis de la restauration des films
Portée par un marché en plein essor, la restauration des films se développe et en particulier en France, où elle bénéficie d’un appui financier conséquent. Depuis le début des années 2000, le Festival de Cannes lui dédie la sélection Cannes Classics, qui ouvre ce jeudi avec un documentaire célébrant Orson Welles. Petit tour d’horizon de ses principales étapes.

Photo du Film Marius, de Marcel Pagnol © DR
1 – La remise en état « mécanique ». La restauration débute par la réparation des négatifs originaux afin qu’ils supportent le passage en machine lors de l’étape de la numérisation. Les collures d’origine, situées entre chaque plan, sont renforcées ou recrées si elles sont fragilisées. Les perforations endommagées et les déchirures présentes sur la pellicule sont réparées. La longueur de ce processus dépend de l’âge et de l’état du film. Elle dure en moyenne un mois.
2 – L’essuyage et la numérisation. Une fois réparé, le négatif est « essuyé » : il est passé dans une machine émettant des rayons ultrasons qui vont le débarrasser des poussières incrustées. Le film est ensuite scanné et numérisé image par image. Des milliers de fichiers vont alors être générés, autant de fichiers qu’il y a d’images sur le négatif.
3 – La restauration de l’image. Toutes les usures du temps sont effacées image par image à l’aide d’une palette graphique et d’un logiciel : rayures, tâches, éclats de gélatine, ou traces de poinçons. Le logiciel se sert des images situées avant et après l’image défectueuse pour reconstituer la zone à réparer.

Photo du Film Marius, de Marcel Pagnol © DR
4 – L’étalonnage de l’image. Les techniciens réajustent la colorimétrie du négatif couleur, ou sa densité et ses contrastes pour un film en noir et blanc. C’est une phase importante car de sa réussite dépend l’harmonie des plans entre eux et le maintien de l’identité visuelle du film.
5 – La numérisation du son. Le procédé s’opère en parallèle à celui de l’image. Les négatifs, à densité « variable » ou « fixe », sont scannés et numérisés. Les contrastes, les saturations et les montées de souffles sont contrôlés. Les « clic » et les « plocs » sont retirés pour permettre l’intelligibilité des voix.
6 – La sauvegarde photochimique. À l’issue de sa restauration numérique, le film est imprimé sur un négatif en polyester pour assurer sa sauvegarde à très long terme, l’efficacité des sauvegardes numériques n’étant pas encore connue.
Benoit Pavan