Rendez-vous avec… Bong Joon Ho

Masterclass - Bong Joon Ho © Mathilde Gardel / FDC

 

À l’occasion d’un Rendez-Vous exceptionnel, Bong Joon Ho a évoqué sa carrière avec Caroline Vié, journaliste de 20 minutes. Une rencontre teintée d’humour pour le réalisateur coréen de Parasite, dernier lauréat de la Palme d’or en 2019. 

Ses premiers souvenirs de cinéma

Sa mère le laissait peu fréquenter les salles de cinéma car il était sensible aux microbes et aux bactéries. Petit, il a été marqué par la scène d’un documentaire où l’on voyait des singes manger des fruits chargés d’alcool et tomber les uns après les autres. 

Ses influences

Henri-Georges Clouzot d’abord, Claude Chabrol plus tard, et Alfred Hitchcock, bien sûr. Psychose (1960) vu à la télé à l’âge de neuf ans, lui a laissé un vrai traumatisme. 
La télé coréenne pratiquant la censure à l’époque de son adolescence, il ne découvre que des années plus tard, pendant ses années universitaires, qu’Un après-midi de chien de Sidney Lumet évoque la relation homosexuelle d’Al Pacino et de son époux. Parmi la nouvelle génération de cinéastes, Bong Joon Ho est notamment séduit par Alain Guiraudie, le réalisateur de L’inconnu du Lac (2012) et de Rester vertical (2016). 

Sa famille

Une famille qui ne ressemble en rien à ses personnages ! Pour Parasite, sa mère qui vit dans une tour s’est félicitée de ne pas avoir de sous-sol !

« Mother est un sujet tabou entre ma mère et moi depuis 12 ans. Nous n’avons jamais évoqué le film depuis l’avant-première. »

Ses refuges

Quand Truffaut travaillait sur ses projets, il aimait être en contact avec ses livres. Bong Joon Ho aime aussi ressortir ses vieux bouquins ou visionner des séquences cultes de ses films préférés, comme un antidépresseur. 

« C’est tactile, j’aime ressortir mes DVDs, mes blu-rays… »

La série « Parasite »

Le réalisateur participe au projet en tant que producteur. Bong Joon Ho y collabore avec Adam McKay qui signe le scénario. Le concept est le même que pour le film, même si les histoires se déroulent aux États-Unis. 

Son rapport au spectateur

« Mes histoires partent toujours d’une obsession, pas d’une volonté de séduire le spectateur. Le premier spectateur que je veux séduire, c’est moi. Parce que je suis cinéphile et que j’ai envie de faire un film que j’ai envie de voir. »

Ses projets

Un futur projet de film d’animation dont le point de départ sera l’adaptation du livre scientifique français « Abysses – Une histoire des grands fonds ».

Scène coréenne indépendante

Bong Joon Ho invite à découvrir la génération montante du cinéma coréen, comme la réalisatrice Yoon Dan-bi, auteure du multi-primé Moving on (2020).