Rendez-vous avec… Jodie Foster
Après avoir reçu sa Palme d’honneur lors de la Cérémonie d’Ouverture de cette 74ème édition, Jodie Foster a retrouvé le journaliste Didier Allouch dans une salle Buñuel plus qu’enthousiaste, à l’occasion d’un des six Rendez-Vous de cette édition. Elle a évoqué sa carrière d’actrice, réalisatrice et productrice, sa vision du cinéma et les enjeux politiques qui l’occupent.
À propos du film Les Accusés :
Ce film représente un moment historique depuis lequel les choses ont changé. Lorsqu’il est sorti, les critiques disaient « c’est normal qu’elle soit violée, elle portait une jupe ». Ce film est un point de référence vis-à-vis du traitement juridique de la violence envers les femmes.
Sur le succès du Silence des Agneaux :
On savait qu’il se passait quelque chose sur le tournage, que ça allait être un film particulier, mais on ne savait pas pourquoi. Il y avait un mélange de frisson, de peur, de confusion, d’embarrassement.
Évoquant ses inspirations :
Ma carrière a été un véritable cours de cinéma. J’ai pu regarder par-dessus l’épaule de grands metteurs en scène : Spike Lee, Claude Chabrol, Jean-Pierre Jeunet… David Fincher est celui qui m’a appris le plus techniquement et artistiquement. Il m’a appris que peu importe l’avis des autres sur la singularité de notre vision, il faut avoir confiance en celle-ci et aller au bout du film.
Sur sa manière de travailler en tant que réalisatrice :
Je suis très attirée par le vrai. Lorsque je fais un film, je veux sentir que tout est vrai, peu importe s’il y a des fantômes, des martiens… C’est en posant des questions à nos émotions, en se demandant si ça nous touche que l’on s’approche de la vérité. Parfois, on ne sait pas pourquoi on a fait tel choix, et le lendemain, ou des années plus tard, on comprend pourquoi.
À propos du rôle de metteur en scène :
Le metteur en scène est un peu comme un parent : à la fois il dirige, donne des ordres, et à la fois il aime inconditionnellement ses acteurs.
Évoquant le cinéma de Pedro Almodóvar, qui lui a remis la Palme d’honneur :
C’est un cinéma très féministe. Pedro est capable d’entrer dans le corps des gens et de regarder autour, ce que peu d’hommes cinéastes arrivent à faire.
Sur l’évolution du cinéma :
Je crois au renouvellement de la culture à travers le cinéma. Nous sommes dans un moment de transition culturelle, avec une certaine conscience qui se réveille. J’espère que le gouvernement de Biden peut regarder le cinéma et se dire : là, j’ai fait une erreur.
À propos des plateformes de streaming :
Il y a toujours eu un renouvellement des formes. Le cinéma évolue avec la technologie et la culture. C’est une bonne chose d’avoir d’autres avenues, comme les plateformes. Et ce qui est génial avec le streaming, c’est qu’on a accès à plein de films, à plein de genres différents et de plein de pays différents.