Rendez-vous avec… Matt Damon
Il a fait 109 films, tourné avec les meilleurs réalisateurs, Matt Damon n’a plus rien à prouver. Venu présenter Stillwater Hors Compétition, il s’est livré sur les moments clés de sa carrière et sur son extraordinaire expérience d’acteur-scénariste et producteur, en se prêtant à l’exercice de la Masterclasse.
Will Hunting (1997)
J’ai réalisé quand j’ai eu l’Oscar que c’était un tournant dans ma vie. Avec Ben (Affleck), nous n’avions pas de stratégie, et la seule règle que nous nous étions donnée c’était d’aimer le film.
Notre vie a changé en 1998 pour toujours. On voulait sortir de notre appartement pourri où Ben dormait sur le canapé car il s’était fait larguer et soudain on était en couv’ du magazine Variety. On l’emmenait partout en disant : « C’est nous sur la couverture, on a des sous vous pouvez nous louer votre appart ! ».
Il faut sauver le soldat Ryan (1998)
Je choisis tous mes rôles en fonction du metteur en scène. Parmi eux, j’ai eu la chance de jouer avec Steven Spielberg dans Il faut sauver le soldat Ryan. Il tournait avec 10 caméras, et le niveau était incroyable. Je me souviens m’être dit que j’avais encore beaucoup à apprendre. Steven était très exigeant, il fallait tout donner dès la première prise, j’ai vraiment senti la pression.
Gerry de Gus Van Sant (2002)
Peut-être le film le plus indépendant dans lequel j’ai tourné. En Argentine, nous étions deux acteurs et six personnes de l’équipe, c’est tout. C’était formidable.
Invictus (2009)
Avec Clint Eastwood, on fait une prise et une seule. Sur le tournage, j’avais travaillé mon accent sud-africain pendant des heures et des heures, je lui ai demandé de faire une seconde prise pour être sûr et il m’a répondu : « Pourquoi ?. Tu veux faire perdre du temps à tout le monde ? »
Stillwater (2021)
Son amour du cinéma a enfin pu s’exprimer à Cannes, après ces mois de confinement : « C’était comme un premier festival pour moi qui suis venu quatre ou cinq fois déjà. » J’adore ce que je fais, ma première rédaction à l’école disait : « Je veux devenir acteur. »
« On est tous chanceux de faire ce boulot alors la meilleure façon de le faire est avec ses amis. »
Regrets
J’ai du refuser Avatar. James Cameron m’avait proposé 10% d’Avatar si je jouais dedans mais j’étais en post-production de La vengeance dans la peau (2007). J’aurais adoré travailler avec lui.
Cameron m’a dit :
« Ça n’aurait rien changé de faire Avatar ensemble, excepté que toi et moi on aurait eu cette conversation dans l’espace ». J’espère travailler avec lui, et je le ferai gratuitement.
Réalisation
J’ai eu la possibilité de passer derrière la caméra à plusieurs reprises mais ça n’est jamais arrivé. Il a été question que je réalise Manchester by the Sea (2016) puis Kenneth Lonergan a voulu que je joue dedans. Je n’avais pas de disponibilités avant deux ans, Kenny était prêt et je lui ai dit que la seule personne que j’envisageais dans ce rôle était Casey (Affleck).
Écriture
Grandes productions ou pas je n’ai pas de préférence, mais j’ai une préférence pour ceux que l’on a écrit car la démarche est plus profonde, quand on écrit, on est aussi en pré-prod, en post-prod…
« Quand je joue, le personnage varie mais l’émotion, c’est la mienne. »