Rendez-vous avec… Steve McQueen

Masterclass - Steve McQueen © Jean-Louis Hupe / FDC

 

Le Festival tenait à inviter un artiste dont la parole est rare. Steve McQueen, Caméra d’or pour son premier long métrage Hunger en 2008, réalisateur de Shame et Twelve Years a Slave, des chefs-d’œuvre engagés et puissants. Au lendemain de la projection de Lovers Rock, l’un des cinq épisodes de sa série de longs métrages Small Axe, le cinéaste a donné rendez-vous aux festivaliers pour partager son travail et sa vision du cinéma.

Sa vision du métier :

En tant qu’artiste, on est là pour présenter une certaine perspective. Je suis en quête d’images, en quête de leur composition, ça m’a toujours fasciné. On peut voir une peinture tous les matins et rester en admiration à chaque fois. La différence, en tant que réalisateur, c’est qu’on peut mettre trois ou quatre sujets dans une scène et le public sait le voir. On essaie d’honorer l’intelligence du public.

Les difficultés liées au projet de Twelve Years a Slave :

J’ai parlé de grève de la faim, d’addiction sexuelle… J’ai fait de mon mieux pour échouer ! Mais il s’avère que les gens sont intéressés par les sujets que j’ai traités. Avant de réaliser Twelve Years a Slave, on me disait que ce serait impossible à faire, il n’y avait pas de films sur ce sujet, l’idée était nouvelle. Le problème était lié au personnage principal, noir, qui n’était pas jugé assez rentable aux États-Unis. J’ai le sentiment que les choses ont changé grâce à Twelve Years a Slave, les producteurs ont compris que ce genre de films pouvait rapporter de l’argent.

Son amour du cinéma :

Parmi les films que j’aime, j’en ai vu beaucoup à la télé. Mais il n’y a rien de mieux que le cinéma, la qualité du son, de l’image, la réaction du public… Il y a un genre de chimie. Je préfère les films tournés pour la salle. C’est comme voir un tableau dans un musée et voir sa photo dans un magazine. C’est beaucoup plus puissant au musée.

À propos du rôle de Spike Lee en tant que Président du Jury :

C’est magnifique, il réalise des chefs-d’œuvre. J’ai été époustouflé la première fois que j’ai vu ses films. Je sortais de la salle et je me disais : « Ça, c’est du cinéma et ça a un impact sur le public ».