Rendez-vous avec… Meryl Streep

© Amandine Goetz / FDC

Légende absolue et actrice au talent incomparable, Meryl Streep a su naviguer tout au long de sa fabuleuse carrière, du drame le plus poignant comme Sophie’s Choice, (Le Choix de Sophie), à des rôles loufoques comme Florence Foster Jenkins, ou encore à des personnages plus ambigus comme Margaret Thatcher dans The Iron Lady, (La Dame de fer) ou Miranda Priestly dans The Devil Wears Prada, (Le diable s’habille en Prada). Rendez-vous avec la grande Meryl Streep.

Le ressenti de Meryl Streep après sa Palme d’honneur

J’ai eu une vague d’émotion. Toutes ces larmes dans le public, ça faisait beaucoup. J’ai été bouleversée par tout cet amour, ici, à Cannes, car chez moi, personne ne me respecte ! 

 

À propos de son rapport au cinéma français 

J’ai un peu honte de dire que je ne vois pas assez de films. Il n’y a pas assez d’heures dans une journée et je suis la plupart du temps accaparée par ma vie familiale. Par ailleurs, je suis si vieille que j’ai travaillé avec tout le monde. Et si je ne vois pas leurs films en priorité, ça fait vraiment de moi une malotrue !  Mais j’ai adoré Camille Cottin dans chaque épisode de Dix pour cent, et je me suis couchée très tard hier soir à cause du film de Dupieux que j’ai adoré ! 

 

Sur la scène cruciale du Choix de Sophie 

La légende veut que nous n’ayons tourné cette scène qu’une seule fois. En réalité, nous l’avons tournée deux fois car la petite fille ne savait pas ce qui allait advenir lors de la première prise. La deuxième fois, elle savait que des hommes allaient l’emmener. C’est la réaction de cet enfant qui est si émouvante. Je n’ai lu la scène qu’une seule fois, je ne pouvais pas. Cela me bouleversait trop. Rien ne vous prépare à tourner dans une scène pareille. Vous êtes comme en pleine mer. Vous n’avez pas d’autre choix que de vous jeter dans le vide, car la technique ne vous est d’aucun secours. 

 

« Don’t give up, don’t give up, don’t give up ! » 

– Meryl Streep

 

Concernant les rôles féminins aujourd’hui 

Les plus grosses stars du monde sont des femmes, aujourd’hui. C’est très différent de quand j’ai commencé. À l’époque, tout était toujours centré autour d’une grosse star masculine. Les rôles de femmes étaient sous réserve. Les films sont les projections des rêves de ceux qui les font. Même les gros producteurs ont des rêves ! Pour les femmes, ce n’était pas spécialement difficile de se projeter dans un protagoniste masculin, mais c’était en revanche très dur pour les hommes de rêver à travers un personnage féminin. La première fois qu’un homme m’a dit à propos d’un film : “Je sais ce que tu ressens”, c’était pour Le diable s’habille en Prada ! 

 

Les qualités d’un bon réalisateur 

Il doit être un confident. C’est la chose la plus importante. Savoir ce qu’il ou elle veut dire. Instiller de la confiance au groupe. Ce qui est nécessaire, c’est de vraiment vouloir faire passer quelque chose, même dans les comédies. Quand ce n’est pas le cas, je rentre chez moi !

 

Ses souvenirs du tournage de The Bridges of Madison County, (Sur la Route de Madison) 

Clint Eastwood a fait ce film en cinq semaines. Il tournait très vite, levé à 5h pour pouvoir être au golf l’après-midi. Ce que l’on voit dans le film, ce sont, à peu de chose près, les répétitions. Il travaille comme ça. Son équipe était absolument affolée ! Mais il n’a jamais haussé le ton. C’était génial de travailler de cette façon. 

 

Son conseil aux jeunes acteurs 

 N’abandonnez pas, n’abandonnez pas, n’abandonnez pas !