La fabrique de… Soudain de Ryūsuke Hamaguchi
Pour sa troisième venue en Compétition, après Asako I et II (Netemo sametemo) et l’inoubliable Drive My Car (Doraibu mai kā), Prix du scenario en 2021, le cinéaste japonais Ryūsuke Hamaguchi revient avec le destin croisé de deux femmes. L’une est française et dirige un EHPAD, l’autre est une metteuse en scène japonaise, atteinte d’un cancer. Soudain est la libre adaptation au cinéma de Soudain, je me sens mal (Kyū ni guai ga waruku naru), un livre documentaire coécrit par Maoko Miyano et Maho Isono.
Coproduction germano-belgo-française, le nouveau long métrage de Ryūsuke Hamaguchi est pour la première fois tourné en partie en France et porté par une actrice belge : Virginie Efira. Son tandem avec l’actrice japonaise Tao Okamoto est au cœur de Soudain, adapté de la poignante relation épistolaire de Maoko Miyano, philosophe atteinte d’un cancer du sein en phase terminale, et de l’anthropologue Maho Isono.
Hamaguchi transpose cette relation dans un EHPAD de banlieue parisienne, dans lequel l’équipe du film s’est réellement installée durant le tournage, se mêlant aux résidents.
“Comme nous avons tourné longtemps sur place, de nombreux résidents et membres du personnel ont pris part au film. […] Pour beaucoup de résidents, le tournage a constitué une forme de divertissement ; certains ont participé comme figurants, d’autres regardaient depuis leur fenêtre.” – Ryūsuke Hamaguchi
Au milieu de cette atmosphère authentique dans laquelle Virginie Efira a déclaré s’être immergée, Marie-Lou, son personnage tente d’instaurer une méthode de soins envers les personnes âgées appelée « Humanitude », un concept philosophique et gérontologique basé sur l’empathie. Au fur et à mesure du film, ce dernier va s’étendre à la fin de vie de son amie dramaturge, notamment à travers le choix d’une mise en scène étirée, et de longues scènes de dialogues.
“ Je n’ai pas l’impression que la caméra a filmé ce que j’ai joué ou ce que j’ai voulu exprimer, mais plutôt ce que j’ai vécu. ” Virginie Efira
Selon le cinéaste, cela tient beaucoup au travail d’Alan Guichaoua chef opérateur du film, à qui l’on doit notamment les films de Guillaume Brac.