Mitraillette Kelly : zoom sur Roger Corman, roi du film de genre

MACHINE GUN KELLY

Présenté à Cannes Classics, Mitraillette Kelly (Machine-Gun Kelly, 1958) remet en lumière l’un des artisans les plus prolifiques et influents du cinéma américain : Roger Corman. Maître de la série B, découvreur de talents et représentant d’un cinéma tourné à toute vitesse, fait de bouts de ficelles, avec une liberté unique.

 

Huit jours de tournage. Un budget minuscule. Un gangster inspiré d’un véritable criminel de la Grande Dépression. Mitraillette Kelly (Machine-Gun Kelly) est symptomatique de la manière de travailler de Roger Corman : transformer les contraintes économiques en énergie de mise en scène. Parmi ses héritiers contemporains, on peut notamment citer Quentin Dupieux.

Sorti en 1958, le film suit George Kelly (Charles Branson dans un rôle à contremploi), braqueur obsessionnel des mitraillettes Thompson, manipulé par sa complice Flo Becker (Susan Cabot, dominatrice et magnétique) après un hold-up raté. Contrairement au film de braquage traditionnel, le cinéaste choisit pour sa part de mettre en scène un loser, gangster fanfaron, superstitieux et lâche. Kelly est un homme vide, dépendant de son arme comme d’un costume trop grand pour lui.

Cette manière de détourner les codes du cinéma de genre est l’une des signatures de Roger Corman. Né en 1926, le cinéaste tourne plus de cinquante films en moins de quinze ans et produit une œuvre entre horreur gothique, science-fiction paranoïaque, films de motards et thrillers psychédéliques. Il révélera ou accompagnera les débuts de Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Jonathan Demme ou encore Jack Nicholson.

Longtemps dédaigné pour son style low budget et ses intrigues foutraques, le réalisateur de La Petite Boutique des horreurs (The Little Shop of Horrors) et Le Masque de la mort rouge (The Masque of the Red Death), est aujourd’hui une figure centrale du cinéma bis, dont Vincent Price, son acteur fétiche, est l’égérie.

Une présentation de An Independent Film Company en association avec Radial Entertainment.

Restauration à partir d’une copie fine grain 35 mm originale par Film Masters. Numérisation 4K réalisée par Jared Gibson chez George Blood Audio/Video/Film, avec le support technique de Rick Lombardi de Telefilm. Restauration audio de la piste mono originale de projection assurée par John Keegan de Madhouse Productions. Étalo­n­nage des couleurs par le coloriste de remasterisation DI Marc Wielage, CSI. Création du DCP par Duplitech. Conseil Superama par Jack Theakston et Bob Furmanek. Restauration supervisée par Philip Elliott Hopkins et Krystal Vander Ark de Film Masters. Remerciements spéciaux à Julie Corman, Jordan Fields et Scott Randolph.

En présence de la productrice et épouse de Roger Corman, Julie Corman.