Vittorio De Sica : une vie documentée par Francesco Zippel

VITTORIO DE SICA – LA VITA IN SCENA

Avec son documentaire Vittorio De Sica – La Vita in Scena, le réalisateur Francesco Zippel signe son retour à Cannes Classics après le portrait consacré à Oscar Micheaux en 2021. Cette fois, il nous offre des retrouvailles avec le cinéaste italien qui a fait du néoréalisme l’une des pages les plus durables de l’histoire du cinéma.

Pourquoi avoir choisi de vous pencher sur la trajectoire de Vittorio De Sica ?

À une époque où la réalité se raconte de manière de plus en plus tordue, De Sica reste un maître de la vérité. Ses films ont soixante, soixante-dix ans, ils sont frais, intemporels. Et ils continuent, comme mon documentaire en témoigne, d’inspirer des cinéastes venus de tous les coins du monde.

Quel était son secret avec les acteurs ?

L’empathie. C’est la clé de sa maîtrise. Il était aussi à l’aise avec des acteurs non professionnels qu’avec Marcello Mastroianni ou Sophia Loren. Quelqu’un de direct, d’intelligent, capable de créer cette connexion immédiate, et c’est ce qui rend ses films à la fois singuliers et complètement crédibles.

Comment avez-vous convaincu de si grands noms de participer ?

Le travail d’archives est au cœur de ce que je fais, creuser, chercher ce qu’on ne voit pas, ce que la vie d’un artiste comme De Sica peut nous raconter au-delà de l’évidence. Et pour les cinéastes, chaque fois que j’ai demandé, j’ai été stupéfait par l’enthousiasme. Asghar Farhadi, par exemple, m’a confié que lorsqu’il regarde Le Voleur de bicyclette, après quelques minutes, il a l’impression de voir un film tourné en Iran, qui raconte la vie d’une famille iranienne. C’est ça, l’universalité de De Sica. On le retrouve partout, y compris chez Sean Baker, l’une des voix les plus singulières du cinéma américain indépendant aujourd’hui.

Votre film préféré dans sa filmographie ?

Le Voleur de bicyclette est une encyclopédie de l’empathie. Il décrit, avec une intelligence et une précision rares, ce dont sont faits les liens humains. Et le jeu des acteurs est saisissant, on oublie immédiatement que le père et le fils ne sont pas professionnels. C’est le propre de De Sica : son fils Christian l’a dit lui-même : quand il regarde un film de son père, il le voit au jeu des acteurs.