Cinq questions à Emmanuelle Devos

Emmanuelle Devos © AFP

Actrice et comédienne de théâtre française, Emmanuelle Devos, vient de recevoir le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation dans A l’origine de Xavier Giannoli, présenté en Compétition en 2009. On l’a dernièrement vue à Cannes dans Les Herbes Folles (2009) d’Alain Resnais et Un conte de Noël (2008) d’Arnaud Desplechin.
Cette année, elle est invitée à faire partie du Jury des Courts métrages et de la Cinéfondation. Entretien.

Vous avez été plusieurs fois récompensée au cours de votre carrière et, cette fois-ci, vous êtes celle qui récompense. Comment abordez-vous cette « inversion des rôles » ?
J’ai déjà été jurée et à chaque fois, je prends ça assez tranquillement et je sais ce que c’est que – tout d’un coup-  de découvrir le film qu’on aime et qu’on veut défendre absolument…. La passion qui commence à se mettre en route à l’intérieur de soi et cette espèce de volonté de pointer du doigt un film particulier parce qu’on l’aime. C’est vrai que c’est très étonnant.  Je ne suis pas très compétitive mais à chaque fois, c’est comme un démon… C’est en fait assez agréable de défendre un film.

Malgré votre enfance sur les plateaux de cinéma, vous ne vous êtes pas dispensée de suivre une formation classique : le cours Florent, la Fémis… C’est quoi pour vous un « film d’école » ?
Un film d’école ? C’est comme n’importe quel premier film sauf que c’est des gens qui ont peut-être un peu  plus de moyens.  En même temps, ils doivent se sortir un peu de leur scolarité, des deux ou trois ans qu’ils ont passé avant,  c’est le résultat de 3 ans d’études… Pas comme dans la vie réelle. Dans la vraie vie de ce métier, ça n’a rien à voir avec un film d’école, mais ça reste une première expression.

Forte de votre expérience présente, quelles leçons en tireriez-vous si vous deviez revenir au début de votre parcours ?
Je crois que tout bêtement je prendrai plus de cours d’anglais. Oui, parce qu’on peut être amené, et de plus en plus, à tourner partout dans le monde.  Et aussi plus de chant, de musique, de danse… à la manière des écoles américaines qui offrent une plus grande diversité de formation que les écoles françaises.

Est-ce qu’avec la carrière que vous avez aujourd’hui, vous accepteriez encore de tourner dans le court métrage d’un jeune réalisateur?
Oui, bien sûr, si le projet me plaît. Et puis c’est un art à part, c’est comme la nouvelle par rapport aux romans. Tchekhov n’écrivait que des nouvelles et c’est un grand écrivain. Par contre un réalisateur qui ne tournerait que des courts métrages, je ne suis pas persuadée qu’il serait aussi reconnu…

Et après le Festival ? Quelle sera votre actualité ?
Là je viens de finir le film de Delphine Gleize, et après, en août, je tourne le premier film de Katia Levkovitch, c’est un film très drôle, très bien, avec Benjamin Blais et Nicole Garcia. Ensuite je retourne au théâtre…