CONFERENCE DE PRESSE DU JURY
Tim Burton et son Jury ont donné leur conférence de presse cet après-midi. Morceaux choisis.
Est-ce que vous avez donné des instructions aux jurés ?
Tim Burton : Je ne ferai jamais ça. Les professionnels du cinéma ont justement pour but de ne pas avoir d’idées préconçues. Nous débutons ce Festival dans un esprit d’ouverture et de compassion pour tous les réalisateurs des films qui nous seront présentés. Nous nous attendons à être surpris dans ce voyage. Ce qui compte c’est de ressentir les films, d’en débattre, de voir en quoi ils nous ont touchés sur le plan intellectuel ou émotionnel. Je suis très curieux d’aborder ce festival. Nous sommes un groupe de cultures et de pays différents, et c’est ça qui est passionnant. J’espère que nous pourrons apprécier les films, et ne pas nous comporter comme une dizaine d’artistes frustrés et de mauvaise humeur.
Est-ce qu’il est plus difficile d’être jugé ou de juger ?
Tim Burton : Nous allons être sensibles à ce que l’on va voir, chacun avec sa sensibilité propre. Je ne sais pas si on peut nous appeler des juges. Etre jugé ou juger, ce n’est pas facile. On est tout le temps jugé. On sera aussi jugé comme membre du Jury. Ce sera peut-être le plus difficile d’ailleurs. On va faire de notre mieux.
A Benicio del Toro, comment avez-vous réagi quand on vous a demandé d’être membre du Jury ?
Benicio del Toro : J’ai reçu un appel de Thierry Frémaux qui m’a demandé si je serai intéressé d’être dans le Jury. Il m’a dit qui était le président : Tim Burton. J’ai trouvé que c’était un bon choix. Et j’ai reçu une liste de gens pressentis pour en faire partie. Il y avait un réalisateur que je suis depuis longtemps : Victor Erice. Je ne pouvais pas croire qu’il était dans cette liste, et c’est ce qui m’a vraiment motivé à accepter l’invitation. Je suis un de ses fans depuis longtemps, et à chaque fois que je suis en Espagne, je mentionne son nom partout, en espérant qu’il m’appelle.Et le voilà!
Il n’y a pas de réalisatrice en compétition pour la Palme d’Or. Qu’en pensez-vous ?
Tim Burton : Je ne sais pas comment la sélection est faite. En ce qui me concerne, pendant toute ma carrière, parmi ceux qui donnent le feu vert pour des projets, la moitié au moins étaient des femmes. Quand on fait un film, qu’on soit un homme ou une femme, et quelque soit le pays, il y a une sorte de fraternité.
Shekhar Kapur : En fait, on est homme ou femme en même temps, en soi. Si vous n’avez pas les deux, vous ne pouvez pas être artiste.
Victor Erice, que ressentez-vous d’être ici à Cannes alors qu’il y a beaucoup de cinéma d’auteur cette année ?
Victor Erice: La sélection du Festival de Cannes a toujours été très équilibrée. En ce qui me concerne, toute sélection de films est comme un miroir à double face. Une face qui représente notre époque, et l’autre ce que pourrait devenir le cinéma à l’avenir. C’est ce contraste qui fait qu’une sélection, quelle qu’elle soit, est intéressante.
Il y a deux femmes et sept hommes dans le Jury ? Est-ce que vous allez donner aux femmes 3 voix pour compenser ? Et vous Kate Beckinsale et Giovanna Mezzogiorno, comment allez-vous survivre face à tant d’hommes ?
Kate Beckinsale : J’ai l’habitude. Il y a toujours plus d’hommes que de femmes. Je suis une grande fan de Giovanna Je suis très heureuse d’être ici avec elle au Jury et je n’ai pas peur des hommes. Cela ne me dérange pas. Je suis heureuse d’être aussi bien accompagnée.
Giovanna Mezzogiorno : Pareil pour moi. En général, cette question de genre ne m’intéresse pas, savoir combien il y a d’hommes ou de femmes. Lorsque j’entends ce genre de questions, j’ai du mal à comprendre. Je me dis, « ah oui, c’est vrai ». C’est le cas bien-sûr, mais ce n’est pas important. Ce qui compte c’est que nous ne nous connaissons pas. Je ne connais personne. C’est ce qui va être passionnant : les découvrir, les rencontrer. C’est une question d’êtres humains, pas de genre.
Kate Beckinsale : Je ne pense pas que nous aurons la place la plus inconfortable…