Conférence de presse du Jury des Longs Métrages
Quelques minutes après la cérémonie de clôture de cette 63e édition, le Jury des Longs Métrages composé de Tim Burton, Giovanna Mezzogiorno, Kate Beckinsale, Benicio Del Toro, Alberto Barbera, Emmanuel Carrère, Victor Erice, Alexandre Desplat, et Shekhar Kapur, s’est exprimé une dernière fois devant les journalistes. Extraits.
À propos de la Palme d’or décernée à Apichatpong Weerasethakul :
Tim Burton : Je n’avais jamais vu un seul de ses films mais plusieurs autres membres du Jury connaissaient son travail. Ce que j’apprécie vraiment à Cannes, c’est d’avoir accès à des films que je ne vois pas normalement ailleurs. Ici, c’est un film fantastique, mais avec des éléments présentés d’une manière que je n’avais jamais vue.
Benicio Del Toro : J’ai vraiment apprécié la façon dont Apichatpong Weerasethakul a traité du plus grand mystère qui soit : la mort.
Shekhar Kapur : C’est un film plein de compassion. Il a traité ses idées de façon très simple et nous a amené à nous poser des questions sur notre existence.
À propos du palmarès de cette 63e édition :
Alexandre Desplat : Ce palmarès est très ouvert. Tous ensemble, nous avons réussi à trouver un équilibre entre des films radicaux et des œuvres plus ouvertes. Il correspond à tous les types de cinémas, à tous les cinémas du monde.
Au sujet du double prix d’interprétation :
Tim Burton : Ce qui est bien avec Cannes, c’est cette ouverture d’esprit. On a pensé que ces deux interprétations étaient à la fois impressionnantes et très différentes. Il a été très difficile de prendre cette décision.
Concernant leur expérience au sein du Jury et le palmarès :
Tim Burton : Chacun d’entre nous a été jugé auparavant et nous savons tous ce que cela représente. On est tous venu avec du respect pour les cinéastes. Nous n’aimons pas être considérés comme des juges.
Victor Erice : Un palmarès, c’est une forme de consensus, c’est comme pour la politique. Mais c’est le temps qui rend la vraie justice. Les idées passent, les films restent. Il se peut que dans le futur du cinéma, il ne reste qu’un film de ce palmarès. Et si c’est le cas, je vous demande pardon. Comme le chantait Léo Ferré : avec le temps…
Emmanuel Carrère : Pour un écrivain, c’est tentant de raconter dans le détail tout ce qui s’est passé pendant ces dix jours. La seule chose qui manquait, du point de vue dramaturgique, c’était un méchant.
Kate Beckinsale : Nous avons essayé d’inventer plus de prix, mais ça n’a pas été possible ! Les films qui n’ont pas obtenu de prix ont en revanche eu des partisans dans le Jury.
Sur le prix de la mise en scène attribué à Mathieu Amalric :
Tim Burton : On a beaucoup aimé Tournée car c’était un film avec beaucoup de vitalité. Il nous a vraiment surpris. C’est l’un des premiers films que nous avons vu et il nous a suivi tout au long du festival.
Propos recueillis par G.F. et B.P.