Interview avec Carlos Diegues

Carlos Diegues

Le réalisateur brésilien Carlos Diegues, déjà présent au Festival plusieurs fois en Sélection, revient cette année comme Membre du Jury de la Cinéfondation et des courts métrages.

Vous êtes venu à Cannes plusieurs fois, notamment en Compétition. Quel souvenir en gardez-vous ?

Pour moi, le Festival de Cannes est très important car c’est ici que le cinéma brésilien s’est fait connaître dans le monde entier, surtout le cinéma fait par ma génération. Nous avons  commencé au début des années 60 et c’est à Cannes que nos films sont devenus connus. Je dois presque tout au Festival.

Cette année, vous êtes membre du Jury de la Cinéfondation et des courts métrages, Comment abordez vous cette expérience ?

C’est très important. J’ai accepté cette invitation avec beaucoup de joie parce qu’on est en train de voir le cinéma de demain, on va voir les films des jeunes gens qui étudient le cinéma dans le monde entier. Je suis très excité par ça.

Selon vous, le court métrage est une manière de faire ses premières armes ?

Pas tout à fait, le court métrage c’est un format en soi. C’est comme le haïku par rapport à la poésie ethnique, le conte par rapport au roman. C’est un autre format. Mais il est évident que comme c’est un format plus facile à produire, les gens commencent par là. Moi-même j’ai fait plusieurs courts métrages avant de faire mon premier long métrage. Même récemment, j’ai fait des courts métrages. Je trouve que ce format particulier doit être respecté en tant que tel.

Quel souvenir gardez-vous du premier court métrage que vous avez fait ?

Le souvenir de plusieurs fautes, de maladresses, mais surtout d’une passion pour le cinéma. C’est évident quand on fait un film, quand on aime le cinéma.  Ça devient évident dans tout ce qu’on fait et c’est ça qu’on va chercher dans tous ces films que nous allons voir.

Quelle est votre perception de la Cinéfondation dans ses différentes actions ?

La Cinéfondation nous donne les pistes du cinéma de l’avenir. Donc c’est très important qu’on connaisse ça dès maintenant, je crois qu’elle a un rôle très important dans cette diffusion d’un cinéma qui existera demain.

Dans la sélection de la Cinéfondation, il y a des écoles du monde entier, est ce que ça peut aider à mettre sur le devant de la scène des pays dont la cinématographie est moins connue ?

Tout à fait. C’est très important qu’on sache ce qui se fait dans le monde entier. C’est évident que la Cinéfondation est une institution qui va permettre de stimuler le cinéma de certains pays.
Au Brésil, par exemple, quand j’ai commencé à faire des films, aucune école de cinéma n’existait. Aujourd’hui il y en  a plusieurs.  La Cinéfondation est aussi une manière de stimuler l’existence de ces écoles de cinéma et c’est très important.
 

Propos recueillis par E.B.