Interview express avec Marc Recha
Le cinéaste espagnol Marc Recha est membre du Jury des courts métrages et de la Cinéfondation. Il a réalisé très jeune de nombreux courts métrages, et deux de ses six longs métrages ont été en sélection au Festival de Cannes : Pau et son frère (en Compétition en 2001) et Les Mains vides (Un Certain Regard, 2004).
Quel est votre tout premier souvenir de cinéma ?
Quand j’étais enfant, j’allais au cinéma tous les week-ends, avec mon frère. A Barcelone, à l’époque, il y avait des séances de trois films. On entrait à 16h et on sortait à minuit. On a passé notre enfance à aller voir des films.
A quel âge avez-vous réalisé votre premier court métrage ?
A 8, 9 ans, j’avais une caméra super 8 et je faisais des petits films de genre: western, aventures, science fiction… A l’âge de 17 ans, j’ai fait mon premier film en 35 mm. On était une bande d’amis, un peu franc tireurs. On faisait des petits films, pas des cartes de visite pour faire un long métrage, mais des vraies petites œuvres, à la manière de Cortazar ou Borges en littérature.
Quel et le plus court chemin pour devenir réalisateur ?
La patience. Il faut avoir de la patience pour faire du cinéma, et savoir grandir avec le cinéma, parce qu’il y a une interaction entre le cinéma et la vie personnelle. Pour certains c’est très rapide, pour d’autres c’est très long. Pour moi, c’était trop météorique.
Pourquoi trop ?
Parce que c’est un peu vertigineux, mais c’est mon caractère.
Qu’est-ce qui vous semble trop court dans la vie ?
Mon fils (2 ans et demi) grandit trop vite. J’aimerais que ça passe moins vite pour mieux voir les choses, mieux apprendre de lui.
Quels sont vos projets ?
Je suis en train de basculer du côté de mon enfance. Mes prochains films seront des films de genre, avec toujours un regard très personnel sur la nature, sur l’homme, sur les paysages. J’ai trois projets. Le premier sera un film de science-fiction.
Vous pourriez revenir au court métrage ?
Oui, bien sûr. Je pense que c’est bien de le faire.
Propos recueillis par B. de M.