La Résidence assure la relève

Cinq des six résidents actuels © FIF/L. Haegeli

La Résidence de la Cinéfondation fête ses 10 ans. Pour l’occasion, mercredi 19 mai, des comédiens ont lu des extraits du nouveau projet de six anciens résidents. Une initiative qui pourrait faire des petits l’année prochaine. En 10 ans, la Résidence a accueilli 120 cinéastes de 50 pays.

Chaque année, la Cinéfondation sélectionne, parmi 400 candidats, 12 jeunes cinéastes pour leur permettre d’écrire en résidence, à Paris, un premier ou un deuxième long métrage. La Résidence se déroule en deux sessions de six participants (octobre-février et mars-juillet). Les six résidents habitent dans le même appartement, échangent sur leurs films précédents (courts métrages et/ou premier long), leur projet, et s’apportent mutuellement aide et conseils.  
Depuis l’an 2000, environ 65% des films ont été réalisés. Si on ajoute ceux qui sont en préparation d’ici à la fin de l’année, on arrive à 80%. Surtout, beaucoup des projets écrits à la Résidence ont eu un beau parcours dans les festivals internationaux comme  Delta de Kornel Mundruczo, en Compétition à Cannes en 2008, Caramel de Nadine Labaki (Quinzaine des réalisateurs 2007) ou  La Terre abandonnée de Vimukthi Jayasundara (Caméra d’or 2005).
En dix ans, la Résidence a accueilli des jeunes cinéastes de 50 nationalités différentes. La Chine, les Etats-Unis, la Roumanie, Israël font partie des cinématographies les plus représentées.  Depuis quelques années, on dénombre aussi beaucoup de Sud-Américains.  « Il y en a quatre sur six actuellement : un Mexicain, un Colombien et deux Chiliens. Je prends toujours les meilleurs projets, sans me fixer de ligne géographique, indique le directeur de la Cinéfondation, Georges Goldenstern. C’est la même chose pour la proportion d’hommes et de femmes. Cela dépend tout simplement des années. En 2007, on a eu une session avec cinq filles et un garçon ».
Chaque année, les douze résidents sont invités à Cannes, et font un pitching de 5‘ de leur projet devant les professionnels. Cette année, pour célébrer le dixième anniversaire de la Résidence, Georges Goldenstern avait également invité six anciens résidents avec leur nouveau projet pour une lecture de 10’ d’extraits, par des comédiens.  Les six réalisateurs invités étaient  l’iranienne Mitra Farahani, l’Australien Ben Hackworth, la Coréenne Kim Hee-Jung, la Chinoise Kit Hui, le Kazakh Abay Kulbayev, et l’Israélien Noam Kaplan.
Cette initiative a été très bien accueillie, et Georges Goldenstern pense la réitérer l’année prochaine pour les résidents de l’année. Il aimerait aussi améliorer encore le soutien aux cinéastes, en proposant les conseils d’un scénariste expérimenté à la fin de l’écriture, ainsi que d’un monteur au stade de la post-production. Il étudie aussi comment encourager la circulation de ces films dans le monde, avec la création d’un réseau de salles ou d’un label de distribution. Il s’agit en effet pour la Cinéfondation de repérer des talents et de leur permettre d’aboutir leur projet, mais aussi de les accompagner tout au long de leur carrière.
B. de M.