L’Atelier de la Cinéfondation: 400 rendez-vous pour 15 projets
La sixième édition de l’Atelier de la Cinéfondation s’est achevée hier. Quinze réalisateurs, en recherche de financement, ont rencontré coproducteurs éventuels, distributeurs, vendeurs étrangers, fonds d’aide. Explications et bilan avec Georges Goldenstern, directeur de la Cinéfondation.
15 projets sont sélectionnés à l’Atelier. C’est une mesure fixe ?
Oui, c’est toujours 15. Sachant qu’on est à Cannes et qu’il s’agit de mettre en lumière des projets, 15 est un maximum. A Cannes, les sollicitations sont nombreuses, et il faut faire en sorte que les projets présentés aient le plus chance de boucler leur financement et d’aboutir.
Quels sont les critères pour être sélectionné à l’Atelier?
La qualité et l’originalité. Les projets doivent aussi avoir réuni 20% de leur budget. En revanche, il n’y a pas de critère géographique. Peu importe aussi si c’est un premier ou un dixième film, parce que même les réalisateurs, qui ont déjà une certaine renommée, peuvent éprouver des difficultés à trouver des financements pour un projet plus difficile.
Cette année, il y a justement trois réalisateurs, dont les films ont déjà été sélectionnés au Festival de Cannes : Rithy Panh, Shinji Aoyama, et Jaime Rosales. Est-ce une tendance récente ?
Nous avions aussi accueilli dans le passé Tsai Ming Liang pour Visage, en Compétition l’an passé, ou Apichatpong Weerasethakul. Cette année, ces trois projets sont là pour des raisons différentes. Decadent Sisters de Shinji Aoyama fait référence à une époque dont les Japonais n’aiment pas trop parler, en 1945, lorsque l’empereur du Japon a demandé aux femmes de s’offrir aux soldats américains. Dream and Silence de Jaime Rosales est un pari formellement très risqué. Enfin, à mon grand étonnement, Gibier d’élevage de Rithy Panh n’a pas eu le Fonds Sud.
Ce n’est donc pas le résultat d’une plus grande difficulté à financer les films ?
Non, j’ai redouté un effet-crise, l’an dernier, mais j’ai vu débarquer plein d’Américains : Sundance Channel, Sony Classics… Cette année, on a fait 400 rendez-vous avec 110 sociétés, contre respectivement 300 et 80 l’an passé. Cela dit, si ces chiffres progressent, c’est aussi parce que les films ne peuvent plus se faire avec le seul financement de leur pays, et chacun est obligé d’accumuler des petites sommes.
Combien de projets voient le jour ?
100% pour l’édition d’il y a 2 ans. Pour l’année dernière, 8 sur 15 ont été déjà été tournés, mais si on tient compte de ceux qui sont en préparation, on aura 100% aussi. Une des seules exceptions reste Kishta de Dover Kosashvili (Mariage tardif, Cadeau du ciel) qui était à l’Atelier en 2006, un beau projet qui a effrayé tout le monde.
Est-ce qu’il y a beaucoup d’anciens résidents à l’Atelier ?
Il y en a un seul, Jaime Rosales. Je ne veux pas que ce soit les mêmes personnes qui tournent, c’est-à-dire qu’on passe de la sélection de courts métrages à la Résidence, et de la Résidence à l’Atelier. On tournerait en rond.
Beaucoup d’anciens de la Cinéfondation présentent aujourd’hui leur film à Cannes…
Oui, les exemples sont très nombreux, et nous sommes très contents. Kornel Mundruczo, qui avait écrit Delta à la Résidence, présente son dernier film en Compétition. Agnes Kocsis, sélectionnée à Un Certain regard, avec Pal Adrienn, avait un film d’école en 2006. All good Children d’Alicia Duffy, à la Quinzaine des Réalisateurs, a été écrit à la Résidence. Le Vietnamien Phan Dang Di, était à l’Atelier en 2008, avec Bi, Dung So ! qui vient de recevoir le Prix SACD de la Semaine de la Critique. Enfin, le néo-zélandais, Daniel Joseph Borgman, actuellement à la Résidence, vient de remporter le Prix Canal+ de la Semaine de la Critique pour son court métrage, Berik.
Quel a été le projet primé par Arte ?
Arte a attribué deux prix ex-aequo à Massoud Bakhshi pour Khorramshahr et à Srdan Golubovic pour Circles. Mais le prix n’a pas été divisé en deux, Arte a octroyé un chèque de 6 000 euros, à chacun.
Propos recueillis par B. de M.