Rendez-Vous Européen 2010

Androulla Vassiliou © FIF/T. Morin

Le Rendez-Vous Européen du 63e Festival de Cannes s’est tenu ce lundi 17 mai, sous la présidence d’Androulla Vassiliou, nouvelle Commissaire européenne en charge de la Culture et de l’Education. Il était consacré aux fonds de soutien au cinéma.

Le Festival de Cannes a accueilli pour la toute première fois la nouvelle Commissaire européenne en charge de l’Education, de la Culture, du Multinlinguisme et de la Jeunesse, Adroulla Vassiliou. Une mini-révolution pour les professionnels, habitués  à Viviane Reding depuis 1999. Autre nouveauté : la présence à ce Rendez Vous de la  présidente du Comité Culture et Education du Parlement européen, Doris Pack, qui témoigne de la volonté de la Commission de travailler étroitement avec le Parlement.

Créé en 2003, le Rendez-Vous Européen était cette année consacré aux fonds de soutien au cinéma, actifs au niveau international. Le matin, deux panels  se sont réunis, l’un sur le rôle de ces fonds, le deuxième sur leur avenir. L’après-midi était consacré à un échange entre fonds d’aide et professionnels, afin de réfléchir aux priorités à prendre en compte dans la préparation du prochain  Programme Media après  2013. Animé par Angus Finney (Film London), le panel réunissait Peter Dinges (FFA, Allemagne), Katriel Shorty (Israel Film Fund), Janos Keresnyei (Pecs, Hongrie), Manoel Rangel (Agencia Nacional do Cinema, Brazil), Aviva Silver (MEDIA), Iwana Chronis  (Hubert Bals Fund, Pays Bas) et Kennth Tan (Media Development Authority, Singapour).

En ouverture des débats, Katriel Shorty et Peter Dinges ont fait un compte-rendu des travaux de la matinée.

Katriel Shorty a souligné qu’au-delà de leur rôle dans la production, les fonds de soutien au cinéma développaient de plus en plus de compétences comme l’éducation, la distribution, les nouveaux médias, la formation… Les professionnels comptent de plus en plus sur ces fonds publics, soumis à forte pression,  à cause de la raréfaction des sources de financement. L’aide des fonds régionaux peut ainsi représenter un tiers du budget des films. La distribution est apparue comme un enjeu majeur dont il fallait revoir les modèles d’autant qu’elle s’est beaucoup complexifiée ces dernières années avec Internet. Un des participants  a même défendu « une position extrême » en proposant que les fonds cessent d’aider la production pour se concentrer sur la distribution et la publicité.

Peter Dinges a relevé, quant à lui, la mauvaise image des fonds de soutien ( « bureaucratie » « rigidité ») et indiqué qu’il fallait réfléchir à « comment être un meilleur prestataire de services pour notre industrie ». Selon lui, l’expérience de Israel Film Fund montre que « même avec une petite équipe on peut faire bouger les choses de façon professionnelle ». La  révolution numérique oblige à  « chercher des moyens plus intelligents de faire des films ». Enfin, il a salué l’initiative de  MEDIA de créer un Fonds de garantie pour la production, qui permettra de garantir les prêts des banques locales aux producteurs européens.

B. de M.