Entretien avec João Pedro Rodrigues

João Pedro Rodrigues © AFP

João Pedro Rodrigues s’est distingué dans plusieurs festivals. Il entame sa carrière internationale avec son deuxième court métrage, Parabens!, primé à la Mostra de Venise, et présente Mourir comme un homme à Un Certain Regard en 2009. Cette année, le réalisateur portugais est de retour à Cannes au sein du Jury présidé par Michel Gondry.

Cette année, vous êtes membre du Jury Courts métrages et Cinéfondation. Comment appréhendez-vous cette nouvelle position ?
C’est toujours difficile d’être juré, je suis un peu nerveux. Les autres expériences que j’ai eues comme membre de jury m’ont montré que ce n’est pas toujours plaisant. Quand je vois des films, j’attends d’eux qu’ils me touchent. Je suis attentif à la façon dont c’est filmé, le récit, l’émotion… J’aime bien voir des films à travers lesquels on perçoit le regard d’une personne. J’aime les films qui ne me laissent pas indifférent.

Vous avez réalisé autant de courts que de longs métrages, comment abordez-vous l’un et l’autre ?
C’est juste une différence de temps et d’argent pour moi. Je fais les deux de la même manière. J’aime les bons films, qu’ils soient longs ou courts,  les documentaires comme les fictions.

Votre deuxième court métrage, Parabens!, a été primé à la Mostra de Venise. Pouvez-vous me donner la recette d’un bon court ?
Question difficile ! Je pense qu’il n’y a pas de formule. Le court, c’est une concentration du temps. Dans mon premier court métrage, tout se passe en une matinée et dans un appartement. L’unité de lieu et d’espace m’a aidé, mais il n’y a pas vraiment de règle.

Quels conseils donneriez-vous à un réalisateur qui débute sa carrière ?
Il faut être honnête avec soi-même et réfléchir à ce qu’on veut raconter. Il faut qu’on puisse voir le regard du metteur en scène, transmettre des choses de manière cinématographique. Il ne faut pas seulement des idées. Le cinéma, c’est de l’image et du son. Il faut trouver les bonnes images et les bons sons pour raconter une histoire.

Plusieurs de vos films touchent au corps, à la sexualité. Que représentent ces thèmes pour vous ?
Dans mes premiers films, je me suis beaucoup demandé comment filmer le corps et le désir. C’est quelque chose qui me touche et que j’essaie encore d’explorer. Mon trajet de cinéaste prend un peu cette direction : je n’aime pas les films qui donnent des réponses définitives, j’essaie de ne pas me répéter. Le corps a toujours été un sujet de l’art. Dans le cinéma, on l’oublie souvent, on filme les paroles et pas les corps. Je cherche en quelque sorte à filmer le silence du corps.

Entretien réalisé par T.K.
 

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