Entretien avec Johnnie To

Johnnie To © AFP

Maître du cinéma de genre, le réalisateur et producteur hong-kongais, Johnnie To est membre du Jury des Longs métrages. Réalisateur prolixe, à la filmographie impressionnante, il a été sélectionné cinq fois en Sélection Officielle depuis 2004, pour Breaking News, Election, Election2, Triangle, et Vengeance.


 

Quel est votre premier souvenir de cinéma ?

J’ai oublié le premier film que j’ai vu, mais quand j’étais jeune, peu importaient les films, on y allait pour le divertissement.

 

Pourquoi avez-vous voulu devenir réalisateur ?

Aun début c’était juste pour avoir du travail. J’ai commencé par travailler pour la télévision. J’avais très envie de faire du cinéma, mais après mon premier film, je me suis dit que je n’étais pas un bon réalisateur. Je suis retourné à la télévision, et j’ai fait mon deuxième film, sept ans plus tard. Il m’a fallu encore dix ans pour me sentir vraiment cinéaste.

 

Que s’est-il passé ?

Disons que j’ai trouvé un moyen de le devenir. Pendant dix ans, j’avais fait beaucoup de films commerciaux. J’ai senti que si je voulais vraiment faire du cinéma, il fallait que les films m’appartiennent d’abord à moi, et non au public. Et j’ai créé ma propre société de production en 1996. Je m’en souviens parce que je n’ai tourné aucun film l’année précédente, en 1995, afin de réfléchir à cette nouvelle étape de ma carrière. Jusque-là, j’en tournais au moins un ou deux par an.

 

Dans quel film aimeriez-vous vivre ?

Dans les films de Kurosawa. Les Sept Samouraï, par exemple.

 

Un héros de cinéma que vous aimeriez être ?

Le héros de Braveheart qu’interprète Mel Gibson.

 

Est-ce que vous connaissiez les autres membres du jury ?

Je connais Robert De Niro depuis de longues années, mais seulement au cinéma. A l’exception de Nansun Shi, de Honk Kong, c’est la première fois que je rencontre chacun des membres du jury.


Comment avez-vous réagi quand on vous a proposé de faire partie du Jury ?

J’étais très content. C’est une chance d’en apprendre plus sur le cinéma. Et aussi de revenir à Cannes. C’est la sixième fois que je viens, mais cette fois il n’y a pas de compétition. C’est plus facile. Il s’agit seulement de voir des films et s’amuser.


Quel autre membre du Jury aimeriez-vous être pour quelques heures ?

En premier lieu Robert De Niro. Ensuite Mahamat-Saleh Haroun. J’ai vu Un Homme qui crie à Dubaï et j’ai vraiment adoré son film. Je suis heureux de faire partie du même Jury que lui, nous avons eu de nombreuses discussions.

 

Vous avez dit à la Conférence de presse du Jury que probablement la Chine produisait trop de films.

La Chine produit plus de 500 films aujourd’hui, mais on ne peut en aimer que 20.

 

Quelle différence faîtes-vous entre le cinéma chinois et le cinéma de Hong-Kong ?

En Chine, il n’y a pas de liberté. La Chine est un grand pays, avec beaucoup de moyens, mais la Censure vous met très en colère. A Hong-Kong, nous n’avons pas beaucoup d’argent, mais le cinéma est très libre.

 

Propos recueillis par B. de M.

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