Les « Petits Poucets » du Marché

Chaque année, quelques 10.000 professionnels du cinéma s’y massent dans l’espoir de dénicher la future pépite des salles obscures. Passage obligé des distributeurs et exploitants établis de longue date, le Marché du Film est aussi l’occasion pour les petits producteurs du cinéma de ventre leur catalogue.

Sur le grand écran situé à l’entrée de leur emplacement, quelques extraits de leur film tournent en boucle. Depuis près d’une semaine, Niels Dubost et Laurent Ferrari, producteurs lyonnais de Bonjour, je m’appelle Maxime Renard, croisent les doigts.

Plus d’une fois, les deux hommes ont vu les portes des distributeurs de films se refermer derrière eux. La faute à la crise financière qui a aussi touché le monde du cinéma, ont-ils pensé. « Pas de stars, trop difficile à vendre« , leur a-t-on dit. Alors, ils ont décidé de tenter leur chance au Marché du Film pour que le fruit de leur travail, un long-métrage d’une heure vingt réalisé avec « moins de 500.000 euros« , sorte enfin de l’ombre, deux ans après la fin du tournage.

« Pour les petites sociétés de productions comme nous, la vie d’un film peut-être fortement compromise si l’on ne signe pas avec un exploitant dès le départ. Le système est conçu de telle façon que l’on est rapidement bloqué. Lorsqu’on est un petit poucet du cinéma, il faut donc savoir compenser avec de bonnes idées« , explique Niels Dubost, qui a réalisé et tient le rôle principal de son film.

Pour l’heure, cinq professionnels sont venus se renseigner sur le long-métrage des deux Lyonnais. Parmi eux, un réalisateur et producteur indien s’est enthousiasmé devant le message du film et la possibilité de le faire distribuer dans son pays.

« Les négociations se basent autour des droits pour un ou plusieurs pays sur les marchés du cinéma, de la télévision ou du DVD« , détaille Niels Dubost, qui se dit prêt à s’adapter à l’exigence d’un distributeur tant que son film n’est pas dénaturé.

B.P.

Pour en savoir plus sur le Marché du Film, lire l’interview de Jérôme Paillard, son directeur.

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