Nouri Bouzid décoré des insignes de Chevalier de la Légion d’honneur
Le réalisateur tunisien, Nouri Bouzid, s’est vu remettre à la plage des Palmes, par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur pour sa carrière et sa liberté constamment cultivée. Nouri Bouzid s’est dit très ému et s’est adressé aux jeunes cinéastes tunisiens.
« Pour votre longue carrière au service d’un cinéma ambitieux et non conformiste, pour votre liberté cultivée et votre refus de toutes les censures, pour le rayonnement que avez donné aux cinémas du Maghreb dans le monde, (…) je vous remets les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur ». Frédéric Mitterrand a profité de cette décoration pour évoquer la filmographie du cinéaste en commençant par son premier film L’homme de cendres, sorti en 1986 et très attaqué à l’époque car Nouri Bouzid dénonçait les non-dits et les tabous de la société tunisienne. Le film a été sélectionné à Cannes au Certain Regard tout comme Les Sabots en Or, trois ans plus tard. Le cinéaste, très ému, a remercié avec un brin d’humour: « J’ai un petit problème avec la révolution, comment vais-je être un contre pouvoir ? ». Il s’est ensuite adressé aux jeunes cinéastes tunisiens qui « ont du talent » en leur rappelant de ne « jamais perdre leur modestie car les gens avec qui l’on travaille sur les films, on les aime, on sent leurs douleurs et on les partage ». Très touché par sa décoration, il a conclu: « Merci, je reste redevable de ce moment-là ».
Le vendredi 20 mai, le Festival de Cannes rendra hommage à la Tunisie avec la projection de La Khaoufa Baada Al’Yaoum de Mourad Ben Cheikh.