CONFERENCE DE PRESSE – Asghar Farhadi : « Chaque spectateur peut s’approprier le film »
Asghar Farhadi, en Compétition avec Le Passé, a donné sa conférence de presse, entouré de ses acteurs – Tahar Rahim, Bérénice Bejo, Ali Mosaffa, Pauline Burlet -, et de son producteur, Alexandre Mallet-Guy. Il a pris le temps de répondre longuement et précisément à chaque question. Extraits.
A propos du travail avec les comédiens: les répétitions, et la barrière de la langue:
Tahar Rahim : Asghar Farhadi a une façon de travailler particulière, très précise, millimétrée, et pourtant, grâce à ce travail de répétition, d’échange, on a l’impression d’être libres.
Bérénice Bejo : On a travaillé avec un traducteur, et la voix d’Arash est devenue celle d’Asghar. Il y avait un petit délai dans nos échanges, qui nous permettait d’être vraiment à l’écoute. C’était très agréable.
Ali Mosaffa : J’étais de l’autre côté de la barrière, et finalement, chacun travaillait dans la langue de l’autre. C’était une expérience extraordinaire parce qu’on est allé au-delà du verbal.
Pauline Burlet : Les répétitions ont permis de créer des liens entre les comédiens, ça nous a aidé à nous libérer et a donner tout ce qu’on pouvait.
Asghar Farhadi : le bonheur d’écrire est un bonheur que je ne peux pas partager avec d’autres, les répétitions permettent de partager le processus de création avec les acteurs, c’est ce qui leur donne la sensation de liberté et de fraicheur. Le meilleur compliment qu’on pourrait me faire est de dire qu’on ne voit pas el scénario.
Asghar Farhadi à propos de la nationalité du film
Je peux travailler partout dans le monde, je reste et resterai un cinéaste iranien. Il est difficile de mettre une étiquette de nationalité sur une œuvre d’art. Mais je ne crois pas qu’il faille se poser la question, car la réponse n’a guère d’importance. Ce qui est important, c’est le lien que le spectateur crée avec le film, chaque spectateur peut s’approprier le film.
Asghar Farhadi à propos de la censure
Il y a deux types de censure : la censure officielle et l’auto-censure, qui est beaucoup plus dangereuse. Quand je quitte mon pays, les restrictions ne pèsent plus sur moi, mais je garde des conditionnements que je ne contrôle pas. J’essaye de ne pas considérer cela comme un obstacle mais comme un atout, et trouver une parade créative.
Propos recueillis par B. de M.