RENCONTRE – Vidya Balan : « Mon travail est une extension de la personne que je suis et de mes valeurs »

Vidya Balan © AFP

Cette année, le Festival de Cannes invite l’Inde, son cinéma et ses grandes figures. Vidya Balan rejoint ainsi le Jury des Longs Métrages et incarne le charme, le travail et la persévérance du septième art dans l’Asie du Sud. Rencontre avec cette actrice multi récompensée et adulée dans son pays.

 

Vidya Balan © FDC / GT

Si Vidya Balan était un personnage de cinéma, lequel serait-il ?
J’ai vu tellement de personnages en me disant « C’est moi ! » Je choisirais Jack Nicholson dans Pour le meilleur et pour le pire.

Vous jouez souvent des rôles de femmes fortes et courageuses. Ce sont des traits de caractères qui vous définissent ?
Mon travail est une extension de la personne que je suis et de mes valeurs. J’ai été élevée avec l’idée que je peux relever les défis les plus difficiles. C’est sûrement pour cela que j’ai choisi les rôles dans lesquels j’ai joué. J’ai besoin de justice et de victoire.

Quand on parle de Bollywood, on a tendance à penser à des films qui ne parlent que d’amour et où les acteurs chantent et dansent dans des costumes très colorés. Mais ce n’est que ça Bollywood ?
C’est un stéréotype et je n’en veux à personne d’avoir ce genre de stéréotype parce que, pendant longtemps, le cinéma indien a été synonyme de couleurs, extravagance et d’un rituel de danse et de chant. Aussi parce que notre cinéma permettait de s’évader, de quitter la banalité du quotidien.
Aujourd’hui, nos films parlent plus des vrais gens, de vraies histoires, de personnes qui surmontent des situations extraordinaires et deviennent des héros. Nos films n’en sont pas moins sensibles parce que nous sommes un peuple d’émotion. Tout est un peu exagéré dans notre cinéma.

Le cinéma indien a également sa part de films d’auteur. On l’a vu à Cannes ces dernières années avec Udaan et Miss Lovely.
Ça ne fait pas de doute, le cinéma indien change. Udaan est l’exemple même d’une nouvelle ère du cinéma indien. Il y a une grande variété dans nos films. En termes d’histoires, de scenarii, de traitement… Ce qui frappe le plus, c’est que le public est au rendez-vous pour tous les genres de films.

Vous avez remporté de nombreux prix en Asie.  Aimeriez-vous jouer sous la direction d’un réalisateur étranger ?
J’adorerais ! Dans des films iraniens, français ou italiens peut-être. Bien sûr, ça demanderait beaucoup d’efforts pour apprendre la langue mais j’aime bien apprendre de nouvelles langues. Et puis le monde devient de plus en plus petit, il y a beaucoup d’échanges dans le cinéma donc on ne sait jamais.
 

Entretien réalisé par Tarik Khaldi