SÉANCE SPÉCIALE – Roberto Minervini : « On peut définir ma façon de filmer comme une observation »
Stop The Pounding Heart est le troisième long-métrage de Roberto Minervini et le dernier d’une trilogie tournée par le réalisateur italien au Texas. Comme à son habitude, le cinéaste a filmé les protagonistes de sa fiction dans leur quotidien avant d’en imaginer l’intrigue. Il relate les tourments de Sara, jeune fille d’une communauté très pieuse, chamboulée par la rencontre d’un jeune amateur de rodéos.
Comment vous est venue l’idée de ce film ?
Elle provient d’abord de ma propre exploration du Texas, qui est de mon point de vue le parfait reflet de l’Amérique d’aujourd’hui. Je souhaitais ensuite me pencher sur l’adolescence et les personnes âgées pour observer comment se fait le basculement d’une période de notre vie à une autre.
Vous filmez vos personnages dans leur environnement réel. Peut-on dire de Stop The Pounding Heart qu’il est à mi-chemin entre un documentaire et une fiction ?
Pas vraiment. Je filme sans scénario. On peut définir ma façon de filmer comme une observation. Le tournage du film m’a pris deux mois. Ensuite, j’ai écrit un scénario basé sur ces situations réelles. Mon travail ne se situe pas entre la fiction et le documentaire en raison de cette approche. C’est en tout cas ma manière d’être le plus honnête possible.

Photo du Film © DR
Comment avez-vous travaillé avec ces acteurs non-professionnels ?
Je leur ai demandé de rester qui ils sont. Lorsque je commence à tourner, je reste discret. Puis je me rapproche petit à petit. Cela prend du temps. Il n’y a pas de prises puisque je tourne sur le vif. C’est une approche qui me permet de capter la vérité qui m’intéresse.
Gardez-vous un souvenir particulier du tournage de ce film ?
Le plus beau moment restera selon moi le tournage de l’une des dernières scènes du film. Sara et sa mère échangent sur le fait d’être une bonne personne dans la vie. C’était un moment très intense, riche en émotions. Nous n’avons pas bougé pendant une demi-heure pour tourner la scène. Curieusement, la conversation s’est achevée lorsque nous avons décidé que nous avions assez de matière.
Propos recueillis par Benoit Pavan
SÉANCES
Samedi 18 mai / Salle du Soixantième / 17h00.