CONFÉRENCE DE PRESSE – Nuri Bilge Ceylan : « Si je peux injecter quelques sentiments dans l’âme des gens, c’est déjà une réussite »

Nuri Bilge Ceylan © FDC / CD

Applaudissements nourris pour l’arrivée de l’équipe de Winter Sleep dans la salle de conférence de presse. Nuri Bilge Ceylan s’est soumis aux questions des journalistes avec ses trois acteurs Haluk Bilginer, Demet Abag et Melisa Sözen. A leurs côtés, les producteurs, le directeur de la photographie et la coscénariste. Extraits.

Des dialogues fins et percutants que Nuri Bilge Ceylan a écrits avec sa femme, co-scénariste du film : « Au cours du travail de rédaction, il y eu beaucoup de bagarres. C’était nécessaire : pendant ces bagarres, on a pu être dix fois plus créatifs ! Dans une conversation comme aujourd’hui, je n’aurais pas pu trouver les mots du film. Quand on se dispute, ils sortent. »
 

Demet Abag à propos du tournage des dialogues : « On travaillait assez longtemps devant la caméra. Parfois exactement comme dans le scenario, parfois en improvisant. Nuri nous filmait tout le temps : il avait le choix et ça nous laissait un grand espace pour le jeu. C’était un peu comme au théâtre. »
 

Le comédien Haluk Bilginer revient sur la direction d’acteurs : « Nuri est un maître de la communication avec un acteur. Il est extraordinaire pour obtenir ce qu’il veut. Souvent, les réalisateurs s’intéressent davantage à la mise en scène. Nuri Bilge Ceylan sait parler aux acteurs, il connaît la performance d’acteur mieux que les acteurs eux-mêmes. »
 

Le décor, un élément que Bilge Ceylan a voulu à l’image de l’évolution de ses personnages : « J’ai montré les premières neiges parce qu’il fallait le symbole du changement aussi dans l’atmosphère. Il fallait un peu de blanc, il faisait froid, jusqu’à -10°C, c’était bon pour la psychologie. »

 

La place de la réalité dans la réalisation selon Nuri Bilge Ceylan : « Le devoir d’un réalisateur est différent de celui d’un journaliste. Le réalisateur s’adresse à l’âme du spectateur. Si, dans mes films, je peux injecter quelques sentiments dans l’âme des gens, c’est déjà une réussite. Et s’ils peuvent apprendre à avoir honte de certains actes, c’est aussi une réussite. »
 

Propos recueillis par Tarik Khaldi