Les Caprices de l’Enfant Roi : s’amuser avec un film de cape et d’épée sur le théâtre

LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI

Après Le Mélange des Genres, Michel Leclerc présente son nouveau film en Séance Spéciale Les Caprices de l’Enfant Roi porté par une ribambelle d’acteurs talentueux composée d’Artus, Franck Dubosc, Doria Thillier ou encore Julia Platon. Avec ce long métrage qui imagine le jeune Louis XIV caché au sein de la troupe de Molière et Madeleine Béjart sous la protection de Cyrano de Bergerac et D’Artagnan, le réalisateur revendique avant tout le plaisir du récit, du jeu et de l’imaginaire. 

« Une histoire vraie, sauf pour les historiens. » Dans Les Caprices de l’enfant Roi, Michel Leclerc ne cherche pas la reconstitution académique. Pour lui, le film historique semble souvent condamné à une certaine gravité. Ici, il choisit au contraire de renouer selon ses propres mots avec la comédie rebondissante d’aventuresDes œuvres capables de mélanger panache, humour et émotion sans jamais sacrifier le plaisir du spectateur. Le film assume pleinement ses invraisemblances, ses raccourcis et ses moments de pure fantaisie. Michel Leclerc le résume d’ailleurs parfaitement : « La logique émotionnelle est plus forte que la logique pure. » 

Car le film fonctionne comme une immense cour de récréation, raconte encore le réalisateur. « Quand on fabrique un film comme ça, plus que pour n’importe quel autre, on est comme un gamin qui se raconte des histoires « Alors là il y aurait le méchant qui kidnappe l’enfant, mais le héros surgit… ». C’est assez magique… on retombe tous en enfance. ». Cette joie enfantine traverse tout le projet. Une vision que Julia Piaton, qui interprète Madeleine Béjart, partage : « Nous étions presque tout le temps la tête sous les étoiles. Il y avait un environnement magique. Le plateau était très champêtre, dans les herbes hautes. C’était le mois de juillet, il y avait une canicule pas possible, mais nous étions très libres. Nous nous sommes beaucoup amusés. ” Les duels, les poursuites, les faux-semblants, les sosies ou encore les complots politiques deviennent autant d’espaces de jeu.  

Le théâtre occupe une place centrale dans cette mécanique. Plus qu’un simple décor, il devient le cœur du film. Tout passe par lui : les sentiments, les rapports de pouvoir, les masques sociaux, les jeux amoureux. Cela devient même un lieu d’apprentissage pour le jeune Louis XIV. En quittant le Palais Royal pour rejoindre une troupe itinérante, l’enfant découvre non seulement le peuple et le monde, mais aussi le pouvoir de la représentation. C’est d’ailleurs l’une des idées du film : raconter que le futur Roi Soleil s’est construit au contact des artistes. L’enfant roi y découvre des visions opposées du monde et du pouvoir. L’art devient alors un outil de formation politique autant qu’émotionnelle.  

Les Caprices de l’enfant roi est un film qui s’amuse avec les genres, un film qui s’amuse avec l’histoire…un film qui s’amuse tout court. Et qui nous amuse à notre tour.