Little Girl Blue ou la grâce de la réincarnation par Mona Achache

LITTLE GIRL BLUE © Les Films du Poisson

Mona Achache exhume le passé de sa mère dans Little Girl Blue, présenté en Séance Spéciale. Après sa mort, celle-ci a laissé derrière elle des lettres et des enregistrements, un matériel précieux dans lequel puise la réalisatrice pour redonner corps à l‘être disparu.

A mi-chemin entre le documentaire et la fiction, Little Girl Blue tente de percer les secrets qui subsistent après la disparition de la mère de Mona Achache. Pour cet exercice de résurrection, la réalisatrice va au-delà du réel et fait appel à des acteurs pour jouer les personnages qui ont compté dans la vie de sa mère. Cette dernière est incarnée par Marion Cotillard qui, juste après le tournage, se réjouissait de ce “projet créatif et époustouflant” dans le journal Le Figaro.

Si Marion Cotillard, à l’affiche l’an dernier chez Arnaud Desplechin dans Frère et Sœur, est une fidèle du Festival, c’est une première sélection pour Mona Achache. Actrice et réalisatrice franco-marocaine, elle se fait connaître au travers de courts-métrages et documentaires, avant de réaliser son premier long métrage en 2009, Le Hérisson, avec Josiane Balasko.

En cette 76e édition, le Festival de Cannes explore le documentaire sous toutes ses formes. En Compétition, le maître de l’observation Wang Bing se place au plus près des ouvriers textiles chinois dans Jeunesse, quand Kaouther Ben Hania met en place un dispositif inédit et cathartique dans Les Filles d’Olfa. À son tour, en Séance Spéciale, Mona Achache convoque le passé et la force du cinéma pour raconter sa mère, en toute intimité.