Léa Mysius filme le poids des secrets dans Histoires de la nuit
Quatre ans après Les Cinq Diables, son dernier long métrage remarqué, la réalisatrice Léa Mysius adapte Histoires de la nuit, le roman noir de Laurent Mauvignier publié en 2020. Présenté en Compétition, le film brosse le portrait d’une famille dont le passé trouble ressurgit brusquement, au cours d’une très longue nuit.
Dans Histoires de la nuit, Léa Mysius réunit Bastien Bouillon et Hafsia Herzi, qui forment un couple, Nora et Thomas, vivant dans une ferme avec leur fille, dans un hameau isolé, perdu en plein cœur du Limousin. Ils ont pour unique voisine Cristina (Monica Bellucci), une peintre italienne qui vit seule. Très vite, le film tourne au thriller, quand trois hommes s’invitent à la fête d’anniversaire de Nora, et exhument aux yeux de tous ses secrets enfouis.
Dans ce presque huis-clos, la réalisatrice instaure progressivement la tension, qui avait déjà contribué au succès du roman éponyme de Laurent Mauvignier. De ce contexte tendu, surgissent pourtant des moments de grâce, comme ceux que partagent Cristina et son agresseur, lorsqu’ils écoutent de la musique et discutent de peinture au beau milieu d’une prise d’otage. À la tête de ce trio d’agresseurs, Franck, le leader, est interprété par Benoît Magimel, impressionnant dans ce mélange de douceur et d’autorité glaçante.
Déjà, dans Les Cinq Diables, Léa Mysius mettait en scène une Adèle Exarchopoulos confrontée à un passé opaque et au lourd secret d’une faute grave commise des années plus tôt. Cet évènement mystérieux planait comme une menace sur l’intégralité du récit. Histoires de la nuit ménage lui aussi le suspense jusqu’au bout :
Les histoires que l’on l’invente ne valent-elles pas mieux, parfois, qu’une vérité trop douloureuse ?