À voir ce soir, au Cinéma de la plage

LE FANTÔME DU PARADIS

Tous les jours à 21h30, le Festival de Cannes se réinvente à la nuit tombée et transforme la plage Macé de la Croisette, située en face de l’hôtel Majestic, en salle de cinéma à ciel ouvert. Au programme de ce 77e Festival : des équipes sur scène, des premières mondiales, du suspense, de l’action, Jackie Chan, Brian De Palma, Martin Scorsese, Rachid Bouchareb, Tony Gatlif, Danny Boyle, la suite de l’hommage au Studio Ghibli, et bien plus encore…

Ce soir au Cinéma de la plage

Samedi 25 mai

PHANTOM OF THE PARADISE de Brian De Palma
1974 – 1h31 – États-Unis

Winslow Leach, jeune compositeur inconnu, tente désespérément de faire connaître l’opéra qu’il a composé. Swan, producteur et patron du label « Death Records, » est à la recherche de nouveaux talents pour l’inauguration du « Paradise, » le palais du rock qu’il veut lancer.

Pourquoi faut-il (re)voir ce film ?

Phantom of the Paradise est un film pionnier de l’opéra rock au cinéma, rythmé par une bande originale puisant dans les courants musicaux des années 1950 à 1970. Pour lui donner corps et voix, Brian De Palma fait appel aux talents de compositeur et d’interprète de Paul Williams, au physique atypique.

 

PRÉCÉDEMMENT AU CINÉMA DE LA PLAGE

 

Vendredi 24 mai

NUEVE REINAS (Les Neufs Reines) de Fabian Bielinsky
2000 – 1h54 – Argentine

À Buenos Aires, deux petits arnaqueurs vont tenter le coup de leur vie avec une affaire pouvant leur rapporter plusieurs centaines de millions de pesos. Ils ont 24 heures pour dérober une planche de timbres rarissimes, Les Neuf Reines, et les revendre à un collectionneur vénézuélien qui doit quitter le pays le lendemain matin. Mais dans cette jungle de voleurs, pickpockets et escrocs, comment savoir qui arnaque vraiment l’autre ?

Pourquoi faut-il (re)voir ce film ?

C’est le film qui a propulsé Ricardo Darín sur le devant de la scène, bien avant Les Nouveaux Sauvages (en Compétition en 2014) et Carancho (Un Certain regard en 2010). L’acteur argentin incarne dans Les Neuf Reines l’un des deux voyous lancés dans une quête folle. Ce thriller, empreint de réalisme, propose des scènes par moments tournées en caméra cachée dans les rues de Buenos Aires, pour la plus grande surprise des passants devenus figurants malgré eux.

 

Jeudi 23 mai

OPÉRATION CONDOR (ARMOUR OF GOD II: OPERATION CONDOR) de Jackie Chan
1991 – 1h57 – Chine

Missionné par les Nations unies, Jackie part en quête d’un trésor nazi caché au fin fond du Sahara. Il fait équipe avec Ada, spécialiste du désert, et Elsa, petite-fille de l’officier qui a dissimulé le butin quarante ans auparavant. Mais ils ne sont pas les seuls à convoiter le trésor. Des bandits et des mercenaires vont leur en faire voir de toutes les couleurs…

Pourquoi faut-il (re)voir ce film ?

Outre ses gags clownesques qui font toute sa sympathie, Jackie Chan est l’un des plus grands maîtres des arts martiaux que compte le cinéma. Opération Condor, suite de Mister Dynamite (1986), est l’occasion de voir l’acteur et réalisateur exceller dans une succession frénétique de scènes d’action qui jalonnent une quête fricotant avec un univers à la Indiana Jones.

 

Mercredi 22 mai

SLOCUM ET MOI de Jean-François Laguionie
2024 – 1h15 – Luxembourg, France
En présence de l’équipe du film

Début des années 50, sur les bords de Marne, François, un jeune garçon de 11 ans, découvre avec intérêt que ses parents entament, dans le petit jardin familial, la construction d’un bateau, réplique du voilier du célèbre marin Joshua Slocum. Au long des années, dans une France d’après-guerre, le jeune François va voguer de l’adolescence à l’âge adulte. Au fil de la construction du bateau, tout en portant un regard tendre et poétique sur sa mère et son père, le jeune garçon entamera sa propre aventure, celle qui le mènera sur le chemin de ses passions, la mer et le dessin.

Pourquoi faut-il voir ce film ?

Jean-François Laguionie sait comme personne restituer le sentiment de l’enfance dans chacun de ses films, bijoux d’animation à la française depuis La Demoiselle et le Violoncelliste en 1965. Son art s’est vu primé au Festival de Cannes en 1978 avec une Palme d’or du Court Métrage pour La Traversée de l’Atlantique à la rame, marqueur d’un thème qui lui est cher : la mer. Jean-François Laguionie réunit ce soir son équipe pour présenter son film au public en avant-première.

 

Mardi 21 mai

EXILS de Tony Gatlif
2004 – 1h43 – France
En présence de Tony Gatlif

Un jour, Zano propose cette idée un peu folle à sa compagne Naïma : traverser la France et l’Espagne pour rejoindre Alger et connaître, enfin, la terre qu’ont dû fuir leurs parents autrefois.
Presque par défi, avec la musique comme seul bagage, ces deux enfants de l’exil se lancent sur la route. Épris de liberté, ils se laissent un temps griser par la sensualité de l’Andalousie – avant de se décider à franchir la Méditerranée.
D’une rencontre à l’autre, d’un rythme techno à un air de flamenco, Zano et Naïma refont, à rebours, le chemin de l’exil. Avec, au bout du voyage, la promesse d’une reconquête d’eux-mêmes…

Pourquoi faut-il (re)voir ce film ?

Quand il s’agit de mêler musique et cinéma, Tony Gatlif surprend film après film. En 2004, il convoque pour Exils les jeunes Lubna Azabal et Romain Duris, les poussant jusqu’à la transe dans une scène vertigineuse où la caméra ne cesse de les traquer et de les perdre. En 2004, ce film a valu à Tony Gatlif le Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes. Il revient cette année au Cinéma de la Plage pour en présenter une version restaurée.

 

Lundi 20 mai – Mini-nuit Ghibli

LES CONTES DE TERREMER de Gorô Miyazaki
2006 – 1h55 – Japon

Terremer est une contrée magique dominée par les mers et peuplée de dragons. Depuis peu, l’ordre naturel est rompu par un sorcier maléfique. Arren, jeune prince du royaume d’Enlad, va allier ses forces à celles du grand magicien Epervier pour rétablir l’équilibre du monde. Dans le combat qui s’annonce, Arren et Epervier croiseront la route de Therru, une mystérieuse jeune fille. Ensemble, ils dépasseront leurs peurs et uniront leurs destins pour mener le plus fascinant des voyages, à travers les ténèbres et sur le chemin de la paix et de la rédemption.

suivi de PORCO ROSSO de Hayao Miyazaki
1992 – 1h33 – Japon

Dans l’entre-deux-guerres, en pleine montée du fascisme, quelque part en Italie, Marco Pagot, pilote hors-pair épris de liberté, est victime d’un sortilège. Il devient chasseur de prime. Surnommé Porco Rosso par ses ennemis, les pirates de l’air et brigands, il affronte les meilleurs aviateurs en duel aérien à bord de son hydravion rouge. Guidé par le souvenir de ses compagnons d’armes et par son esprit de solidarité, il vole au secours des faibles et un jour rencontre l’amour. Mais qui percera le secret de sa métamorphose ?

Pourquoi faut-il (re)voir ces films ?

C’est la mini nuit Ghibli ! Le Festival de Cannes célèbre pleinement la Palme d’or d’honneur remise au légendaire studio japonais à travers les œuvres de deux générations de la famille qui a contribué au rayonnement mondial de l’anime japonais.

 

Dimanche 19 mai

INDIGÈNES de Rachid Bouchareb
2006 – 2h10 – France
En présence de Rachid Bouchareb

1943. Ils n’avaient encore jamais foulé le sol français, mais parce que c’est la guerre, Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir vont s’engager comme 130 000 autres “Indigènes” dans l’armée française pour libérer “la mère patrie” de l’ennemi nazi. Ces héros que l’histoire a oubliés vaincront en Italie, en Provence, et dans les Vosges, avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand.

Pourquoi faut-il (re)voir ce film ?

Indigènes a marqué l’histoire du Festival de Cannes en 2006 en rendant hommages aux tirailleurs d’Afrique du Nord, en première ligne pendant la Seconde Guerre mondiale. Sur les marches, au soir de la projection, quatre d’entre eux étaient présents, aux côtés de Jamel Debbouze, Samy Naceri, Sami Bouajila, Roschdy Zem et Bernard Blancan, récompensés d’un Prix d’interprétation masculine collégial. Dix-huit ans plus tard, Rachid Bouchareb accompagne son film sur la plage et le présente dans une version restaurée.

 

Samedi 18 mai

TRANSMITZVAH de Daniel Burman
2024 – 1h40 – Argentine
En présence de l’équipe du film

Transmitzvah est une histoire d’amour entre frères, qui exposent leurs blessures, et achèvent (ou commencent) le processus de réaffirmation de leur propre identité. Ruben, le fils cadet de la famille Singman, défie les normes en préparant une Bat Mitzvah au lieu d’une Bar Mitzvah. Vingt ans plus tard, Ruben, devenu MUMY SINGER, célébrité de la chanson yiddish, retourne dans sa ville natale. Après une tragédie familiale, MUMY perd la voix et cherche à faire ce pas vers l’âge adulte avec l’aide de son frère EDUARDO. Une comédie aux dialogues musicaux, ludiques et festifs sur MUMY SINGER, et son voyage au passé pour s’inventer.

Pourquoi faut-il voir ce film ?

Après sa participation au Jury Un Certain Regard en 2021, Daniel Burman se réjouit de présenter Transmitzvah sur la plage à Cannes. Projeté en avant-première mondiale, ce film signe le retour du réalisateur argentin au cinéma, après huit années consacrées aux séries télé.

 

Vendredi 17 mai 

AFTER HOURS de Martin Scorsese
1985 – 1h37 – États-Unis

Paul, jeune homme rangé, fragile et solitaire, travaille dans une grande banque new-yorkaise. Un soir, il rencontre une fille énigmatique, Marcy, qui l’entraîne, à travers le quartier bohème de Soho, dans une étrange et dangereuse aventure…

Pourquoi faut-il (re)voir ce film ?

After Hours signe, en 1986, le grand retour de Martin Scorsese, salué d’un Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes. Le cinéaste sortait alors d’une phase de déprime après que la préparation de La Dernière Tentation du Christ, qui ne sortira qu’en 1988, l’avait plongé dans un lot de difficultés. Avec After Hours, Scorsese signe un succès public au travers d’une comédie noire dans la nuit new-yorkaise.

 

Jeudi 16 mai 

MY WAY de Thierry Teston en collaboration avec Liza Azuelos
2024 – 1h18 – France
En présence de l’équipe du film

“My Way” est bien plus qu’une chanson ; cette partition majeure a traversé époques, frontières et générations. C’est un hymne qui s’est imposé comme une partie de nous-mêmes et s’est inscrit durablement dans l’Histoire de la musique.
“My Way” est aussi l’une des chansons les plus reprises au monde, de Sid Vicious à Tom Jones, de Nina Simone à Pavarotti. Pourtant, nombreux sont ceux qui ignorent qu’elle a été conçue en France, au bord de la piscine de l’hôtel particulier de Claude François par une après-midi d’été en 1967, et que c’est une succession de rencontres fortuites qui l’ont guidée outre- Atlantique vers celui qui ferait d’elle une Légende.
Tel un biopic, le documentaire My Way raconte la naissance d’une chanson mythique et son entrée au panthéon de la culture populaire.

Pourquoi faut-il voir ce film ?

Peu de chansons peuvent se targuer d’avoir vécu une telle épopée. Si les Français la connaissent avant tout sous le titre “Comme d’habitude”, c’est bien son adaptation américaine par Sinatra qui a propulsé “My Way” au rang d’hymne mondial. La projection sur la plage sera présentée par l’équipe du film.

 

Mercredi 15 mai

MOI AUSSI de Judith Godrèche
2024 – 17mn – France
En présence de l’équipe du film

Recomposant un paysage sonore et visuel intime, la réalisatrice signe un film en forme d’œuvre chorale composé de récits personnels énoncés par fragments et met en scène ce chemin âpre mais salvateur, de la douleur sans mots au début d’une libération par la parole. Un millier de personnes y participent. La musique, la danse, l’image, l’imaginaire leur offrent un espace aussi physique que symbolique : être ensemble, en pleine rue, en plein jour, et occuper la ville comme un geste militant.

Pourquoi faut-il voir ce film ?

Le combat de Judith Godrèche va bien au-delà de son histoire personnelle et du milieu du cinéma. L’actrice, réalisatrice et productrice se fait le porte-voix de ces femmes et de ces hommes qui, comme elle, ont vécu un traumatisme, et ouvre par le cinéma un chemin collectif vers la réparation. Judith Godrèche et son équipe seront présents sur la plage lors de cette projection.

suivi de SILEX AND THE CITY de Jean-Paul Guigue & Julien Berjeaut
2024 – 1h20 – France, Belgique
En présence de l’équipe du film

Dans une préhistoire condamnée à ne jamais évoluer, un père et sa fille en conflit vont bouleverser la routine de l’Âge de pierre. Après un aller-retour dans le futur, ils ramènent accidentellement l’équivalent d’une clé coudée Ikéa qui va enfin déclencher l’Évolution, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Pourquoi faut-il voir ce film ?

Depuis 2009, Silex And The City ravit ses lecteurs à coups de jeux de mots bien sentis. Ancrée dans la Préhistoire comme pour mieux souligner des sujets très contemporains, cette série de bandes dessinées a été adaptée à la télévision sur Arte et fait pour la première fois l’objet d’un long métrage, mêlant 2D et prises de vues réelles.

 

Mardi 14 mai

TRAINSPOTTING (4K restoration) de Danny Boyle
1995 – 1h34 – Royaume-Uni

« Choisir la vie. Choisir un boulot. Choisir une carrière. Choisir une famille… »

Edimbourg, les années 90. Renton et sa bande de pieds nickelés écossais, sorte de doux-débiles acides mais sulfureusement drôles, en font voir de toutes les couleurs à cette pauvre ville et shootent tout ce qui bouge. Véritable phénomène en Grande-Bretagne, appuyé par une bande originale exceptionnelle (Lou Reed, Iggy Pop, Blur, Pulp), ce film culte a révélé Ewan McGregor au grand public.

Pourquoi faut-il (re)voir ce film ?

Culte avant sa sortie, Trainspotting a fait couler beaucoup d’encre dès sa projection en Séance Spéciale au Festival de Cannes en 1996. Troisième long métrage de Danny Boyle nourri d’un humour décapant, le film dépeint une jeunesse désillusionnée dans une société post thatchérienne. C’est aussi le film qui a fait décoller la carrière d’Ewan McGregor, remarqué deux ans plus tôt dans Petits meurtres entre amis du même réalisateur.