Valeur sentimentale : retour du duo Trier-Reinsve en Compétition
Joachim Trier revient en Compétition, quatre ans après avoir révélé au monde le talent de Renate Reinsve, Prix d’interprétation féminine pour son rôle dans Julie (en 12 chapitres). L’actrice, qui mène depuis une carrière internationale, retrouve le réalisateur norvégien pour un film très personnel : Affeksjonverdi (Valeur sentimentale).
Il y a bien longtemps que Gustav n’a pas renoué avec ses filles. De retour, il propose à l’aînée, Nora, d’interpréter le rôle de leur mère dans son prochain film — une proposition qu’elle refuse. Lorsqu’il offre finalement le rôle à Rachel Kempf, une star hollywoodienne, de douloureux souvenirs refont surface dans la maison familiale.
Joachim Trier distille ses questionnements dans ses films depuis Nouvelle Donne (2006), son premier long métrage, portrait de deux jeunes écrivains fougueux et ambitieux. Près de vingt ans plus tard, Valeur sentimentale met en scène un homme aussi accompli dans son art que maladroit dans sa paternité. Sans être un double de Trier, le personnage de Gustav incarne les interrogations du cinéaste, devenu père de deux enfants depuis son dernier film. Il confie à Vanity Fair s’interroger sur l’idée de réconciliation familiale :
“C’est presque une histoire d’amour ratée entre un père et une fille, une relation impossible. Pourtant, ils se ressemblent tant. Et c’est à l’intérieur du foyer représenté par la création artistique qu’ils peuvent se rejoindre.”
Dans cette maison familiale, théâtre de retrouvailles intenses, Joachim Trier collabore pour la première fois avec l’excellent Stellan Skarsgård. Les deux sœurs sont incarnées par Renate Reinsve — fidèle au réalisateur depuis un petit rôle dans Oslo, 31 août (Un Certain Regard, 2011) — et par Inga Ibsdotter Lilleaas, actrice norvégienne de 36 ans. Elle Fanning complète ce casting de haute volée dans la peau de Rachel Kempf. Elle participe à la Compétition pour la troisième fois, après The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (2016) et Les Proies de Sofia Coppola (2017).